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La vie est trop courte pour boire court

CHRONIQUE / Le jargon de la sommellerie, c'est parfois tout un défi à... (Archives, La Presse)

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CHRONIQUE / Le jargon de la sommellerie, c'est parfois tout un défi à déchiffrer. Au même titre que le droit ou la médecine, notre pratique possède sa propre terminologie, pas toujours évidente à suivre pour le néophyte, je vous l'accorde. Quand une description de vin laisse aussi perplexe qu'une prescription du docteur...

Peut-être avez-vous déjà entendu un connaisseur dire « ce vin est long ». Loin de vouloir dire qu'il est ennuyant, il relève plutôt sa persistance aromatique en bouche après l'avoir avalé ou recraché. Plus un vin est long, meilleur il est. Car un vin qui s'estompe rapidement laisse sur sa faim. On dira alors de lui qu'il est court.

La longueur est la seule donnée objectivement observable et quantifiable en dégustation. Son unité de mesure, c'est la caudalie (du latin cauda « queue »), laquelle équivaut exactement à une seconde. Si le terme seconde reste le plus utilisé, caudalie servira plutôt en cas d'ultime besoin de pétage de bretelles.

L'analyse de la longueur intervient après tous les autres critères d'évaluation du vin. En pratique, une fois le vin avalé, on commence à compter les secondes. Puis, on cesse de calculer quand l'intensité aromatique commence à s'évanouir. Grosso modo, un vin court est celui qui dure de 1 à 3 secondes. Un moyen se situe entre 2 et 5 secondes, tandis qu'à 6 secondes et plus on parle d'un vin long. Celui qui va au-delà de 10 secondes commence à être drôlement impressionnant!

Prenez soin de dissocier arômes et saveurs. L'une ou l'autre des saveurs (sucré, amer et acide) peuvent persister longtemps sur les papilles. Certains vins donneront donc une impression de longueur, alors qu'ils laissent plutôt un arrière-goût (amertume), par exemple. Concentrez-vous donc uniquement sur les arômes pour l'exercice. Ah! et un vin court en jeunesse ne gagnera pas de longueur avec le temps.

Suggestions de la semaine

Macon-Uchizy 2015, Talmard Mallory & Benjamin (Code SAQ : 11 618 324 - 20,05 $)

Le Mâconnais est la région la plus au sud de la Bourgogne. Ses sols calcaires et argilocalcaires, terres promises du chardonnay, mettent au monde de magnifiques blancs à prix abordables. Celui de Mallory et Benjamin Talmard exprime purement la finesse et l'élégance du fruit. Le nez fait l'effet d'une bombe. Très expressif, il rappelle l'ananas avec une touche minérale. Ce blanc frais et rond - quasi crémeux - développera de nombreux atomes crochus avec des accras de morue.

Liban 2013, Massaya, Terrasses de Baalbeck (Code SAQ : 904 102 - 22,50 $)

Avez-vous déjà bu libanais? Situé dans la Vallée de la Bekaa au Liban, le vignoble Massaya est à mi-chemin entre Beyrouth et Damas. Les Terrasses de Baalbeck est composé d'un assemblage de grenache, cinsault, cabernet sauvignon et mourvèdre. Dans le verre, c'est un déferlement aromatique! Arômes de prunes et fruits cuits sont ponctués d'une touche boisée. La bouche, veloutée et gourmande, est tannique et puissante en alcool (mettez ça sur la faute du soleil). Ici, il y a matière à compter les secondes longtemps. Allez hop, on part le chrono!

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