Un brin de jasette

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

On entend souvent à la radio l'expression « on va lui jaser » pour dire qu'on va parler avec un artiste. Est-ce une bonne expression?

Micheline St-Pierre

Sherbrooke

C'est une erreur courante mais facilement explicable. Comme parler et jaser sont des synonymes dans la plupart des contextes, on présume, à tort, qu'ils suivent les mêmes règles de grammaire. Si, en français, on parle à quelqu'un, on se dit que l'on peut aussi très bien jaser à quelqu'un... Eh non!

Parler est un verbe caméléon, qui peut avoir un complément d'objet direct (parler l'italien), d'objet indirect (parler à quelqu'un) ou circonstanciel (parler en public, parler à la radio), ou être utilisé sans complément (savoir bien parler).

Mais ce n'est pas le cas de jaser, qui est toujours intransitif, et ne peut donc pas avoir de complément d'objet, ni direct ni indirect.

Donc, si on ne peut jaser à quelqu'un, on ne peut logiquement pas lui jaser non plus.

Mais dans la langue familière, les règles sont joyeusement bafouées. Non seulement l'emploi avec un complément d'objet indirect est courant, mais on entend encore parfois certaines vieilles tournures avec un complément d'objet direct.

Viens me voir, je vais te jaser ça (ça est le complément d'objet direct de jaser).

Évidemment, ces tournures sont à proscrire dans la langue soutenue (donc à la radio). Mais les animateurs peuvent simplement remplacer jaser par parler. Ou alors changer la préposition, pour que le complément d'objet devienne un complément circonstanciel. Concrètement, cela veut dire qu'au lieu de jaser à une personne, on jase avec elle.

Lorsqu'il est question du sujet de la conversation et non de la personne à qui l'on s'adresse, on utilisera les prépositions de ou sur.

Nous avons jasé de choses et d'autres.

Ils jasaient sur les événements de la semaine.

La tournure jaser quelque chose au lieu de jaser de quelque chose (jasons politique) est aussi considérée comme familière, mais souvent utilisée.

Sachez toutefois qu'il n'y a qu'au Québec que jaser est utilisé de façon neutre, dans le sens de bavarder, causer ou discuter agréablement. Ailleurs dans la francophonie, cet usage est considéré comme vieilli.

Au contraire, chez nos cousins (mais ici aussi quand même), le verbe jaser est plutôt synonyme de médire, potiner, parler trop ou avec indiscrétion, répandre des rumeurs... Car, rappelez-vous : de quel oiseau dit-on qu'il jase?

La pie!

Jaser peut aussi être synonyme de babiller dans le cas d'un très jeune enfant.

Perles de la semaine

Bon, assez parlé de nos joueurs et commentateurs de hockey, payons-nous la tête de leurs homologues du foot, qui sont aussi difficiles à battre en matière de perles...

« On va essayer de faire tourner la balance. »

« Je pense qu'on relèvera la pente. »

« On a perdu des bêtes points... »

« Ils sont très lents, les Costariciens... »

« Il ne sait pas tirer du pied gauche ni faire une tête et ne marque pas beaucoup de buts. À part ça, il est pas mal... »

Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.

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