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Bientôt du codage informatique au primaire?

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Vincent Beaucher
La Tribune

Dernièrement, la Colombie-Britannique annonçait l'introduction de cours liés au codage informatique dans son système d'éducation, de la maternelle à la fin du secondaire. Cette initiative, qui n'est pas unique, s'inscrit dans une mouvance mondiale qui considère la programmation comme une formation aux multiples vertus transversales. Le Québec emboitera-t-il le pas?

À l'instar d'États qui ont fait le saut (l'Angleterre, l'Estonie, des États américains) et d'autres qui y songent (la France, l'Australie, la Hollande...), la Colombie-Britannique a vu dans le codage informatique une façon d'outiller davantage les élèves aux réalités du XXIe siècle, entre autres en fonction de réalités économiques. De fait, l'économie d'aujourd'hui et de demain se recentre de plus en plus sur les secteurs des technologies et des communications. Au Canada, il est estimé que près de 180 000 postes ne pourront être comblés dans ces secteurs d'ici 3 ans.

En ce sens, les initiatives telles que celle de la Colombie-Britannique servent donc, idéalement, à intéresser les jeunes à ces domaines pour que dans une ou deux décennies, le marché du travail soit apte à répondre de façon plus adéquate à la demande. D'autant plus qu'à la vitesse où les technologies évoluent et les habitudes de consommation changent, il est maintenant reconnu qu'une majorité des emplois de demain liés aux technologies n'existeraient même pas encore dans les faits. C'est un enjeu que notre école doit considérer.

Plusieurs bénéfices

Cela dit, selon ses promoteurs, apprendre le codage informatique serait bénéfique dans une plus large mesure; nous retiendrons deux aspects. Le premier point concerne tout l'aspect motivationnel, par exemple lorsque les jeunes ont un projet à réaliser, projet qui deviendra rapidement un défi à relever seul ou en équipe. Un avantage du codage informatique consiste en la possibilité de voir très rapidement si le travail qui a été fait fonctionne ou non. Par exemple, dans un projet où l'élève aurait à faire cheminer un personnage dans un labyrinthe en fonction d'instructions et de conditions à respecter, le code que le jeune crée peut être testé sur-le-champ, ce qui permet ensuite d'essayer de corriger les erreurs faites puis de poursuivre la progression dans le projet. Il y a là un aspect de récompense instantanée qui plait à la jeune génération, ce qui risque d'induire davantage d'intérêt envers le cours et par ricochet peut-être même envers l'école. Ce n'est pas à négliger, car le sentiment d'appartenance et l'engagement sont considérés comme des clés pour la réussite scolaire, et donc contre le décrochage.

Le deuxième bénéfice qui mérite d'être souligné serait l'apport de la programmation au développement d'une pensée logique, voire d'une pensée critique. Mis simplement, un code informatique donne des résultats uniquement si plusieurs commandes sont mises en relation les unes avec les autres dans le bon ordre. Cette logique, qui se développerait graduellement à partir d'exercices adaptés à l'âge des (très) jeunes apprenants, permettrait éventuellement à l'élève d'évoluer dans sa façon d'appréhender les situations-problèmes qu'il rencontre, et pas seulement en informatique. De fait, on pourrait s'attendre à un transfert vers les mathématiques, les sciences, voire n'importe quelle matière scolaire et même la vie de tous les jours. Conjointement avec le développement cognitif des élèves, leur maturation tout au long du cheminement scolaire et aussi à l'aide d'habiletés développées dans des cours comme celui d'éthique et culture religieuse, l'impact pourrait s'avérer prometteur à terme.

De par le monde, la popularité du codage informatique auprès des écoliers connaît un essor magistral et possiblement persistant. La réflexion sur sa place dans nos institutions scolaires est déjà entamée, d'autant que certaines écoles offrent de la programmation à leurs élèves, mais il reste beaucoup à faire, comme se mettre au clair sur les raisons qui nous pousseraient à proposer cette formation. Quoi qu'il en soit, il paraît inévitable que le Québec doive emboîter le pas un jour ou l'autre; il reste à savoir quand et comment.

Vincent Beaucher (@Vbeaucher) enseigne en éducation à l'UdeS et à Bishop's. Pour lire d'autres textes liés à l'éducation, visitez le www.webeducation.ca ou www.facebook.com/webeducation.

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