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L'histoire improbable d'un professeur devenu aussi gérant Repères :

Emmanuel Fournier... (Imacom, Frédéric Côté)

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Emmanuel Fournier

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Passionné par son travail d'enseignant à l'école secondaire Mitchell-Montcalm, Emmanuel Fournier n'aurait jamais cru que cette carrière le mènerait à embrasser celle de gérant et de producteur. En plus d'enseigner les sciences en troisième secondaire au pavillon Montcalm, Emmanuel Fournier guide la destinée du groupe Orange O'Clock depuis 2012, un trio pour lequel l'enseignant a eu un coup de coeur en 2011 lors d'un spectacle présenté à l'école».

C'est l'expérience d'une vie! Moi étant musicien, je n'ai jamais eu la chance de jouer devant 30 000 ou 35 000 personnes», lance-t-il en faisant allusion à la prestation d'OO à la Fête du lac des Nations l'an dernier.

Celui qui est professeur depuis 26 ans aime jouer de la guitare, et il est aussi un ancien batteur.

L'enseignant a eu du flair : les bonnes nouvelles s'enchaînent pour le groupe sherbrookois, composé de Mickael et Raphaël Fortin, de même qu'Anthony Simoneau Dubuc.

Le printemps dernier, Orange O'Clock était sacré «meilleur nouvel artiste canadien» parmi plus de 3300 groupes musicaux à travers le Canada dans le cadre du concours Searchlight 2015, organisé par CBC. Une distinction qui leur a permis, du même coup, de remporter 20 000 $ et de participer au Festival CBCMusic.ca à Toronto aux côtés d'artistes comme Patrick Watson.

Un second album, un album promotionnel (EP), doit être lancé cet hiver.

Sa touche personnelle, Emmanuel Fournier la met aussi dans la vie des élèves du pavillon Montcalm.

En 1999, à la suite d'un projet lancé en collaboration avec l'ancien professeur de l'Université de Sherbrooke Laurier Fortin, Emmanuel Fournier a planché avec d'autres collègues sur l'ouverture d'un café au pavillon Montcalm. Aujourd'hui, entre 40 et 50 jeunes s'y réunissent chaque midi.

Avoir un tel lieu d'appartenance peut faire la différence pour certains élèves, estime-t-il. Il raconte avoir fait part à l'époque de sa réflexion à ses collègues. «Moi, ce qui m'a raccroché à l'école, c'était mon local et au cégep, c'était le café étudiant. J'avais l'impression d'être quelqu'un parce que j'avais un endroit. Je voyais tellement de jeunes - pas plus à Montcalm qu'ailleurs - qui se promènent, qui errent dans les corridors, et qui mangent leur sandwich debout à côté de leur casier. J'ai dit non! Ces élèves avaient besoin de s'asseoir ensemble, de s'unir, pour que trente personnes deviennent un groupeOn s'est dit qu'on allait faire un café étudiant.»

Un peu plus tard, le Sub-Amusement, qui compte notamment des tables de billard, voit le jour.

Et il n'y a pas que les jeunes qui bénéficient de ces lieux de rencontre : Emmanuel Fournier aussi.

«J'arrivais en classe et j'étais gonflé à bloc de cette énergie humaine! J'abordais l'enseignement d'un autre point de vue», raconte-t-il en soulignant que c'est Michel Bernard, ancien directeur de l'école Montcalm, qui lui avait au départ confié ce mandat.

Pour bon nombre de jeunes, le côté humain du professeur va primer sur la matière qu'il présente, souligne-t-il.

«Ce qui a été assez marquant, ce sont mes 15 années passées dans les Expo-Sciences. Ça a été très valorisant pour moi.» Il se souvient entre autres avec bonheur des moments passés avec David Laflamme, aujourd'hui devenu «un grand cardiologue». «À un moment donné, tous les vendredis, j'allais le chercher chez lui à 6 h, on montait à l'Université McGill faire des expériences sur les cellules, l'Alzheimer...» raconte-t-il.

Père de deux filles, âgées de 7 ans et de 20 ans

Originaire de Matane

Diplômé de l'Université de Sherbrooke

isabelle.pion@latribune.qc.ca

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