Un défi pour la communauté

Wayne Smith... (Imacom, Jessica Garneau)

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Wayne Smith

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Le Dr Wayne Smith entretient un rêve, celui que la région de l'Estrie soit la meilleure au monde en sa capacité de sauver la vie des gens qui subissent un arrêt cardiaque.

Médecin d'urgence depuis plus de 40 ans, il profite de toutes les occasions pour faire avancer la cause, en équipe, avec un succès certain.

À preuve, on a tous entendu parler des défibrillateurs externes automatisés (DEA), dont le déploiement dans les lieux publics s'accélère depuis quatre ou cinq ans, des formations Héros en trente qui ont été suivies par nombre de citoyens et des cours de réanimation cardiorespiratoire (RCR) qui se taillent une place dans nos écoles secondaires.

« Les meilleurs au monde, c'est Seattle. Il y a deux ans, ils ont sauvé 62 % des arrêts "sauvables" et ça parce que 40 % de la population sait quoi faire et que les gens ont un accès rapide aux défibrillateurs. Ils ont la même structure hospitalière et préhospitalière que nous, mais l'implication de la population fait toute la différence », compare le Dr Smith.

« On a un excellent service de cardiologie et une salle d'angioplastie probablement la meilleure au monde et assurément en Amérique du Nord, continue-t-il, mais si le patient n'arrive pas à bon port au bon moment... Quand il est trop tard, il est trop tard, et le meilleur médecin et les meilleures infir-mières n'y pourront rien. »

Le Dr Smith est un pionnier et un leader chevronné en matière de soins préhospitaliers au Québec. Il a fait partie du comité qui a livré le premier rapport (Fréchette) sur l'implantation d'un système intégré de soins préhospitaliers en 1992 et a cosigné avec deux autres experts le rapport Ouellet sur les services préhospitaliers d'urgence en 2014.

« Quand j'ai commencé à oeuvrer en médecine d'urgence, le préhospitalier, ce n'était que du transport. C'était un peu de condamner les patients à vivre leurs malheurs jusqu'à ce qu'ils arrivent dans un lieu institutionnel. (...)Aujourd'hui, il y a des gens qui sont vivants grâce à l'intervention des paramédics. Ils contribuent à diminuer la mortalité et la morbidité suite aux événements. Des patients qui sont bien pris en charge au préhospitalier peuvent significativement contribuer à diminuer les admissions, la durée des admissions aux soins intensifs ainsi qu'aux étages », témoigne-t-il, en saluant du même souffle le travail des répartiteurs médicaux d'urgence.

Dans l'exercice de la médecine d'urgence, le Dr Wayne Smith a acquis la conviction que la communauté peut également faire sa part.

Avec des organisations comme la Fondation Jacques-de-Champlain et la Fondation Act, il répète le message posément, avec des faits et des cas vécus à l'appui. En racontant combien le citoyen est transformé quand il contribue à sauver un parent, un enfant, un ami ou un voisin. Ou qu'il est lui-même sauvé...

« Les arrêts cardiaques, ce ne sont pas des coeurs qui sont en fin de vie, mais des coeurs qui ont un mauvais parcours et qui trébuchent sur une arythmie », insiste-t-il, en faisant valoir que cela peut survenir à tous âges. « Les professionnels de la santé ne sont pas dans la rue quand cela se produit; ils sont dans leur clinique ou dans les hôpitaux. Or M. et Mme Tout-le-Monde peuvent apprendre en 30 minutes à sauver des vies. »

Pour rattraper Seattle - « mais notre défi c'est de les battre! » -, le Dr Smith estime que l'Estrie devrait poursuivre le déploiement de DEA sur son territoire jusqu'à atteindre 500 appareils, bien faire connaître leur emplacement et donner un coup de barre en matière de formation et de sensibilisation des citoyens.

« Je suis obstiné, c'est la coupe Stanley qu'il faut aller chercher! On va être les meilleurs là-dedans. »

À titre de citoyen préoccupé, Wayne Smith profitera de l'occasion pour attiser un autre rêve, celui que la communauté se sente responsable de la santé de notre planète bleue. Car si comme médecin il peut témoigner de la résilience du corps humain, qui pardonne encore et encore nos excès jusqu'à ce que sonne l'alarme, il y voit clairement un parallèle avec le réchauffement planétaire, une menace maintes fois évoquée qu'il faudrait maintenant prendre au sérieux. «On a tous une responsabilité là-dedans. »

Né le 17 août 1947 à Québec;

À étudié la médecine à Sherbrooke et la médecine d'urgence à McGill;

À pris la direction de l'urgence du CHUS Fleurimont dans les années 80;

Est directeur médical régional des services préhospitaliers d'urgence en Estrie;

Marié à Andrée Crépeau, ils sont parents de trois garçons.

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