Primée, mais méconnue

Andrée A. Michaud... (Imacom, René Marquis)

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Andrée A. Michaud

Imacom, René Marquis

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(SAINT-SÉBASTIEN) Remporter un prestigieux Prix littéraire du Gouverneur général n'a rien de banal pour un auteur. En obtenir deux tient donc carrément de l'exploit!

C'est pourtant ce qu'a réalisé Andrée A. Michaud, que nous pouvons qualifier d'écrivaine, même si elle avoue bien humblement ne pas vivre de sa plume. Elle n'est apparemment pas prophète en son pays.

«Remporter un tel prix n'est pas une garantie de ventes automatiques en librairies», souligne-t-elle. «Je suis heureuse de l'avoir obtenu; évidemment, c'est un bel accomplissement, surtout que ce n'est pas courant pour un roman policier, dans cette catégorie. Je crois être la seule à l'avoir obtenu dans cette sous-catégorie jamais primée.»

L'auteure fait référence à son roman Bondrée, publié chez Québec Amérique, qui lui a valu le prix en 2014. «Bondrée, c'est le mot en français populaire pour boundary, la frontière en anglais, comme dans l'expression «aller à la bondrée», un mot qui se perd, surtout utilisé par la génération de nos parents, dans les régions limitrophes à la frontière américaine, comme l'Estrie et la Beauce», explique-t-elle.

Andrée A. Michaud a appris à écrire davantage dans ses cours de philosophie, à l'Université Laval, où elle a usé de rigueur, selon elle, plus que d'émotion.

Née à Saint-Sébastien, elle est retournée y vivre il y a deux ans et demi, dans un rang tranquille, idéal pour l'écriture. Son conjoint Pierre Monette et leurs trois chats y trouvaient aussi leur compte.

«J'ai toujours profité d'une grande liberté, travaillant toujours à la pige, ou presque!» raconte Mme Michaud, qui a oeuvré pour un groupe de recherche en cinéma, avant d'être travailleuse autonome pour des ministères où elle effectuait de la révision linguistique. «J'ai déjà supervisé une équipe de réviseurs à distance, entre autres. J'écris des textes brefs pour des revues, de la poésie, des recueils, accompagnant, par exemple, des photos de photographes connus, comme Angela Grauerholz. Je donne aussi des conférences, etc.», raconte-t-elle.

Grande cinéphile, elle visionne une dizaine de films par semaine.

Son roman Bondrée raconte l'histoire d'une jeune femme disparue, retrouvée morte au bout de son sang, dans un vieux piège à ours oublié par un trappeur, près d'un lac à la frontière canado-américaine. Il y a dans ce livre du suspense, de l'énigme, et plusieurs thèmes y sont développés, comme la perte de l'innocence, puisqu'un témoin important est une petite fille....

«L'endroit existe, Boundary Pond, où mon frère m'emmenait quand nous étions enfants. Je l'ai un peu transformé pour le roman, je réinvente les paysages de mon enfance. Mes romans se passent souvent à la campagne, dans les bois», confie-t-elle.

Bondrée a également remporté le Prix Saint-Pacôme du roman policier, en 2014, de même que le Prix Arthur-Ellis du roman policier francophone, au Canada anglais. Un autre de ses romans a été adapté au cinéma, Mirror Lake, devenu Lac Mystère, en août 2013, réalisé par Érik Canuel. Le film était présenté dernièrement à Super Écran.

En cours de traduction, Bondrée devrait être publié en anglais chez Biblioasis, au Canada anglais, ainsi qu'en Angleterre par No Exit Press.

Née à Saint-Sébastien en , elle y vit un retour aux sources depuis deux ans et demi;

Elle adore les animaux, particulièrement ses trois chats;

Détentrice d'un baccalauréat en philosophie, cinéma et linguistique de l'Université Laval, ainsi que d'une maîtrise en création littéraire à l'UQAM;

Son conjoint Pierre Monette est lui aussi écrivain (études et essais);

Elle a remporté un premier Prix littéraire du Gouverneur général pour Le Ravissement, en 2001.

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