Ambition, travail et chance

Alain Carrier... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Alain Carrier

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Alain Carrier n'avait que 400 $ en poche lorsqu'il s'est lancé en affaires en 1978. Si les choses vont comme prévu, le chiffre d'affaires de ses entreprises franchira cette année le cap des 100 millions $. Ce qui s'est produit au cours des 35 dernières années est attribuable à une forte ambition, du travail acharné et un peu de chance.

Plutôt que de se tourner les pouces pendant une grève étudiante qui devait lui faire perdre une session complète, l'homme d'affaires drummondvillois a pris la route de l'Ontario afin de récolter du tabac. Il s'agissait d'un emploi peu lucratif, mais qui lui a tout de même permis d'économiser les fameux 400 $ qui ont fait sa fortune. À son retour au Québec, un ami lui offre sa petite affaire de tonte de pelouse pour la somme de... 400 $. Une offre qu'il a acceptée.

«Il avait une remorque, une tondeuse, un râteau et quatre clients. Comme je ne faisais même pas la pelouse chez mes parents, j'ai hésité un peu et je me suis dit : pourquoi pas? Je me suis lancé en affaire sans trop de connaissances», se souvient-il.

Après le premier été, M. Carrier, un excellent vendeur, comptait déjà un employé et 25 clients. Il décida de perfectionner son art en suivant une formation de trois mois en entretien paysager à l'ITA de Saint-Hyacinthe. L'année suivante, il répéta l'exercice, profitant cette fois de la saison morte pour suivre des cours de maçonnerie et d'autres formations en entretien paysager. L'objectif était de pouvoir construire des pavés de pierre.

«Je me suis rendu compte qu'il était beaucoup plus rentable de concevoir des aménagements paysagers que de tondre des pelouses. J'ai donc acheté des camions et engagé des employés supplémentaires et je me suis lancé tête baissée», continue-t-il.

«Ça passe ou ça casse»

En 1982, le Centre de jardin paysagiste Alain Carrier compte une poignée d'employés et quelques camions. Vu l'important achalandage et les désagréments causés par ce type d'entreprise, on lui suggère gentiment de quitter l'appartement qu'il occupe avec sa conjointe et ses trois enfants. Il décide donc d'acheter un bâtiment inoccupé du boulevard Lemire, investissant à peu près tout ce qu'il avait.

«On a acheté à l'automne en sachant que nous n'avions pas de revenus de l'hiver. Je peux dire qu'on en a mangé du spaghetti! J'avais mis toutes mes billes dans le même panier. Je m'étais dit : ça passe ou ça casse», raconte-t-il.

Les Carrier ont visiblement survécu et le Centre de jardin, un des rares ouverts sept jours à l'époque, a connu une croissance phénoménale. Au cours des années 1990 et 2000, l'entreprise a remporté trois Napoléons de la Chambre de commerce et d'industrie de Drummond. Elle est toujours fort prospère.

Les motos

Alain Carrier et sa conjointe occupaient alors la saison morte en faisant des randonnées de motoneige et de VTT. En 1999, Alain Carrier propose à un propriétaire de concession Bombardier d'acheter son commerce, ce qu'il refuse d'abord avant de finalement accepter. C'est à ce moment que s'amorce l'aventure de Performance NC.

En 2001, M. Carrier acquiert le Centre de la motoneige de Valcourt, puis il procède à l'achat d'un concessionnaire à Princeville avant d'acheter les deux magasins appartenant à Charles Bombardier, le petit-fils de Joseph-Armand, à Sherbrooke et Granby. Il devait ajouter Lac-Mégantic à son portefeuille un peu plus tard.

En 2006, l'homme d'affaires ajoute les produits Harley-Davidson à son entreprise en achetant Boileau moto à Acton Vale. Il a alors convaincu Harley qu'il serait plus rentable de vendre des produits et d'offrir des services à Saint-Hyacinthe et Drummondville plutôt que seulement à Acton Vale.

«Je leur ai fait comprendre qu'ils offriraient un meilleur service avec des satellites. Je leur ai dit que j'augmenterais les ventes de 30 %. En un an et demi, elles avaient triplé», statue-t-il.

En 2009, Alain Carrier achète un concessionnaire BMW à Sherbrooke pour compléter sa gamme. Encore une fois, à force de le talonner, il convainc le fabricant de la pertinence d'offrir ses produits à Drummondville et obtient un succès monstre.

Alain Carrier se considère comme un homme observateur en mesure de cibler rapidement les enjeux d'une entreprise et de bien comprendre les besoins de ses clients. Il lit beaucoup et s'était imposé des objectifs clairs, dès le départ.

«J'aime lire les biographies de gens qui ont réussi, comme Steve Jobs. Ce sont souvent des gens qui sont partis de rien, comme moi. Je m'étais dit qu'un jour je voulais être riche et j'ai toujours gardé les yeux sur mon objectif. J'ai travaillé très fort et j'ai été un peu chanceux. C'est important, la chance», considère-t-il.

À 58 ans, il se prépare à céder son entreprise à ses trois enfants, Alain junior, Jonathan et Marie-Pier. Incapable de demeurer les bras croisés, il ne sera jamais bien loin afin de les épauler et les conseiller. Il concentrera également ses énergies au développement du terrain de 460 000 mètres carrés (5 millions de pieds carrés) qu'il a acheté afin de construire des quartiers résidentiels à Drummondville.

1978 : Avec 400$ en poche, Alain Carrier achète la petite entreprise de tonte de pelouse d'un ami.

1999 : Achat d'un premier concessionnaire Bombardier à Drummondville.

2006 et 2009 : Acquisition de Boileau moto (Harley-Davidson), puis d'un concessionnaire de motocyclettes BMW.

2018 : Alain Carrier anticipe prendre sa retraite à l'âge de 60 ans.

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