Tel père, tel fils

William et Gilles Poirier... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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William et Gilles Poirier

Imacom, Jocelyn Riendeau

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(SHERBROOKE) Un fils qui suit les traces de son père n'a rien de nouveau. Un fils qui remporte trois fois l'or grâce aux conseils de son père, voilà qui a de quoi faire sourire. C'est ce qui s'est produit en mars à Drummondville à l'occasion des Jeux du Québec, alors que l'haltérophile William Poirier a raflé trois fois l'or devant son père et entraîneur, Gilles.

Un moment de fierté qui transcendait la frontière entre famille et sport, mais seulement pour cette fois, car au retour à l'entraînement, le paternel s'impose un devoir de neutralité.

«C'est sûr que j'ai à coeur sa réussite et qu'il ait du plaisir là-dedans, explique-t-il. Une fois qu'on est à l'entraînement, je suis davantage son entraîneur, je dois être plus neutre parce que j'entraîne d'autres athlètes en même temps.»

«C'est rassurant de l'avoir à mes côtés», mentionne quant à lui William. Rassurant, mais aussi avantageux.

«Il y a plus de rétroaction parce qu'on peut se parler après l'entraînement, c'est la grosse différence avec les autres athlètes, souligne Gilles. Je peux lui expliquer des choses à l'extérieur, lui dire que s'il vise de soulever telle charge, ceci est le volume d'entraînement à faire. Après il a le choix de le faire ou pas.»

Un sentier naturellement emprunté

Gilles Poirier est entraîneur depuis 1988, une vocation toute naturelle après une carrière d'haltérophile qui l'a amené à participer aux Jeux du Commonwealth et aux Jeux panaméricains. William a donc grandi dans un environnement propice à la naissance d'une passion pour ce sport, mais c'est en gymnastique qu'il fait ses premiers pas d'athlète. Ce n'est qu'à l'âge de 11 ans qu'il envisage avec plus de sérieux l'haltérophilie. «Au début, c'était juste pour essayer», concède William.

«C'est vraiment quand il a fait les Jeux du Québec en 2013 qu'il a accroché encore plus», se remémore Gilles.

William avait d'ailleurs bien fait en terminant au pied du podium. «C'était ma première grosse compétition et j'étais content du résultat. Ça m'a aussi donné le goût d'être là en 2015 et de m'entraîner pour avoir des médailles.»

Mission accomplie. Ses trois médailles d'or font foi d'un travail bien réalisé. Rien cependant pour s'emporter, car William continue d'envisager sa progression au jour le jour et évite de regarder trop loin, comme son père d'ailleurs.

Prochain objectif : les Championnats canadiens seniors l'an prochain, une compétition de laquelle l'entraîneur revient tout juste. Pour être de l'édition 2016, William devra soulever la charge minimale requise à sa participation, une marque qui n'inquiète personne et franchissable dès les Championnats provinciaux seniors, cet automne.

«L'an prochain, on sait que ça va être réalisable», assure Gilles.

Cette étape marquera un changement important pour William qui, à seulement 15 ans, se mesurera aux meilleurs à l'échelle provinciale, puis canadienne, dans sa catégorie de poids.

«Psychologiquement c'est un gros changement parce qu'il pourrait même être susceptible d'avoir un test antidopage», raconte son père.

En plus de faire le saut dans les grandes ligues, William sera de nouveau admissible à être de la délégation estrienne des Jeux du Québec en 2016 et il espère bien répéter ses exploits de mars dernier.

Mais peu importent les résultats, l'entraîneur n'hésite pas à changer son chapeau pour celui de père.

«De toute façon, je sais que ça va être bon pour lui, il se développe physiquement et psychologiquement, il apprend à se fixer des objectifs et à gérer son stress. Du stress on en vit tous dans la vie, c'est bon de se préparer à ça.»

Le rôle de père pèsera toujours plus lourd que celui d'entraîneur.

William pratique l'haltérophilie depuis quatre ans avec son père;

William est er dans la catégorie Espoir au Québec;

William passera à la catégorie kilos l'an prochain;

Gilles est l'entraîneur de l'athlète élite Pascal Plamondon;

Gilles a amorcé sa carrière d'entraîneur en 1988.

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