L'avenir de l'imagerie

Éric Turcotte... (Imacom, Frédéric Côté)

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Éric Turcotte

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Enfant, Éric Turcotte était fasciné chaque fois qu'il allait chez le médecin à cause de son savoir-faire et sa capacité à aider les autres.

« Très tôt, ç'a été mon objectif de pouvoir aider les gens à mon tour », se souvient le Dr Turcotte, spécialiste en médecine nucléaire.Mais voilà, avec l'arrivée des premiers ordinateurs dans les maisons au tournant des années 1980, le tout jeune Éric s'est mis à se passionner pour les mille et une possibilités offertes par ces machines. Il était encore haut comme trois pommes que, déjà, il naviguait avec aisance dans ce complexe milieu. Mais voilà, comment combiner ses passions?

C'est dans le cadre d'un stage obligatoire dans sa formation générale en médecine que s'est présentée à lui la médecine nucléaire, une spécialité qui n'existerait pas sans un très solide support informatique.

« C'est une discipline où tout était à découvrir, car les premiers spécialistes ont été formés dans les années 1970 », rappelle le Dr Turcotte.

Le diplômé de l'Université de Sherbrooke, qui a fait trois années de recherche à Seattle dans l'État de Washington après son doctorat, a passé la dizaine d'années suivantes à bûcher pour faire sa place dans le monde de la recherche. Et avec succès!

En effet, le médecin, professeur et chercheur conjugue toutes ses fonctions avec brio dans un univers où tout est en constante évolution. Par exemple, le taux de radiation utilisé dans certains examens est plus bas de 50 % qu'il ne l'était il y a cinq ans! « À Sherbrooke, nous sommes un des centres où nous avons les taux les plus faibles », se réjouit-il.

En réponse à une crise

En 2009, un gros défi se présente au médecin. En effet, le monde médical a fait face à une grave pénurie d'isotopes en 2009 alors que la centrale nucléaire canadienne de Chalk River était tombée en panne. Déjà dans les jours suivants la fermeture de la centrale, les spécialistes en médecine nucléaire ont dû reporter ou carrément annuler de nombreux examens diagnostiques et traitements médicaux considérés comme urgents.

C'est alors que le Dr Turcotte, avec des collègues, se sont creusé la tête pour trouver une solution alternative. Et c'est ainsi qu'ils sont devenus des pionniers en proposant un nouveau moyen de produire l'isotope qui était alors en rupture de stock, le tout à base d'un cyclotron. Une méthode plus économique et plus verte que l'ancienne!

La consécration est venue au début de l'année en cours : le Dr Turcotte et son équipe ont dévoilé les résultats d'une étude clinique réalisée auprès de patients atteints de troubles de la thyroïde et prouvant que le technétium (99mTc) produit par cyclotron est équivalent à celui produit par réacteur nucléaire. Il s'agissait alors d'une avancée clinique majeure!

« C'est un projet qui a beaucoup de retombées. La nouvelle a été reprise un peu partout dans le monde », s'enthousiasme le Dr Turcotte.

Cet important projet continue d'occuper beaucoup de son temps, car l'objectif, à terme, est que le CHUS devienne autosuffisant en isotope et même qu'il puisse desservir d'autres hôpitaux.

Et le chercheur ne manquera pas de boulot de sitôt avec tous ses chapeaux et tous ses projets de recherche en chantier. « Dans cinq ans? Nous ferons des tests d'imagerie spécifiques à des maladies plutôt que des examens "génériques" comme aujourd'hui et nous utiliserons de moins en mois de radiations pour les tests », prédit le Dr Turcotte.

Pour ce faire, il continuera de travailler fort, très fort même. Puisque son épouse travaille aussi au Centre de recherche clinique comme assistante de recherche, oui, il est bien possible que ses enfants passent encore quelques soirées dans le bureau de papa.

« Mes enfants aiment bien venir au CRC! » lance-t-il en riant.

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