À la conquête du futur

Alain Brasseur... (Imacom, René Marquis)

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Alain Brasseur

Imacom, René Marquis

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Il a grandi en regardant son père, un producteur laitier, inventer de l'équipement pour faciliter le travail sur la ferme. « Mon père était un créatif né. Tout le sens de concevoir par lui-même les choses sans aucune formation, il l'avait de façon innée. Indirectement, on a tous appris de lui », raconte le fondateur de Sherbrooke O.E.M., Alain Brasseur, qui a grandi à Béthanie, près de Valcourt, dans une famille de quatre enfants.

En 1984, M. Brasseur fait des études en physique du solide à l'Université de Sherbrooke. Puis en 1986, il entame un baccalauréat en génie mécanique à l'Université de Laval. L'appel du marché du travail est plus fort que le désir de décrocher son diplôme, mais M. Brasseur garde de son parcours universitaire un grand intérêt pour la démarche scientifique et la recherche.

« J'aimais le côté quantique des choses. En fait, j'ai passé ma vie à faire de la recherche, car c'est la seule chose qui me motive », relate celui qui se décrit comme un fondamentaliste dans l'âme.

Pendant ses études, il démarre sa première entreprise. Il travaillera ensuite dix ans à titre d'employé, notamment chez S.-Huot où il créera un département environnemental inspiré de ce qui se fait à New York et Chicago, une initiative avant-gardiste pour l'époque. Puis en 1997, M. Brasseur se relance en affaires et cofonde, avec Bryan Sinram, Sherbrooke O.E.M., une entreprise de conception et fabrication d'équipements de recyclage sur mesure.

« À l'époque, en environnement, tout le monde était en phase d'essais et rien n'existait dans l'équipement de recyclage clé en main. La richesse des produits récupérés ou recyclés n'existait pas non plus. On devait tout créer à partir de zéro, même la demande », explique M. Brasseur, ajoutant que Sherbrooke O.E.M. a été une des premières entreprises manufacturières à avoir son département d'ingénierie interne.

« Quand j'ai voulu aller vers le tri optique, les physiciens m'ont dit que c'était un beau rêve, mais que c'était irréalisable. »

Du tri mécanique, l'entreprise passe progressivement au tri optique vers 2007. « Quand j'ai voulu aller vers le tri optique, les physiciens m'ont dit que c'était un beau rêve, mais que c'était irréalisable. Je leur ai dit que je souhaitais avoir les paramètres et non leur avis. J'ai reçu un cartable de 400 pages de paramètres et six mois plus tard, nous avions notre première machine optique. L'impossible est devenu possible », raconte M. Brasseur ajoutant que Sherbrooke O.E.M. se classe aujourd'hui parmi les cinq plus gros joueurs de son domaine en Amérique du Nord.

En 2014, Sherbrooke O.E.M. décide de devancer l'avenir, encore une fois. « On avait frappé un noeud en terme d'avancement technologique, alors j'ai fait faire un sondage à l'échelle mondiale sur ce qui s'en venait dans notre secteur dans 10 à 20 ans. J'ai découvert les ondes Térahertz. »

Même si les experts disent qu'il est trop tôt pour cette technologie, M. Brasseur achète en septembre la licence mondiale des Térahertz dans le domaine de l'environnement. « Cela nous donne plusieurs années d'avance sur nos concurrents. C'est toute une révolution qu'on amènera avec cette technologie », souligne le visionnaire.

Sherbrooke O.E.M. compte une centaine d'employés et génère un chiffre d'affaires de 30 M$. L'entreprise prévoit atteindre le cap des 50 M$ d'ici quatre ans et dépasser les 100 M$ dans dix ans. Environ 85 pour cent de sa clientèle est américaine.

Malgré ses réalisations professionnelles, son plus beau projet demeure sa famille dont il parle avec fierté. D'ailleurs, sa conjointe Manon Tremblay est vice-présidente de Sherbrooke O.E.M. et ses quatre enfants pourraient prendre la relève de l'entreprise.

« Je dis toujours à mes enfants, ne faites rien pour l'aspect financier. Faites-le parce que vous y croyez et que vous êtes passionnés. Le reste suivra. »

Pour M. Brasseur, qui est toujours en avance sur son temps, on peut dire que le reste a suivi.

Né le 6 mai 1964, il grandit à Béthanie en Estrie; En couple avec Manon Tremblay depuis 1997 et père de 4 enfants;

A fait des études en Physique du solide et Génie mécanique;

À 20 ans, il fonde sa première société, Entreprises Multi;

En 1997, il fonde Sherbrooke O.E.M. qui compte aujourd'hui une centaine d'employés et génère des revenus de 30 M; Sherbrooke O.E.M. est lauréat d'un Phénix de l'environnement 2010;

En 2014, Sherbrooke O.E.M. obtient la licence mondiale des Térahertz en environnement.

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