L'âme derrière Leucan Estrie

Suzelle Lacroix... (Imacom, Frédéric Côté)

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Suzelle Lacroix

Imacom, Frédéric Côté

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Alain Goupil
La Tribune

Cette année en Estrie, entre 15 et 20 enfants recevront un diagnostic de cancer. Même si le taux de guérison atteint aujourd'hui 80 % (comparativement à 20 % il y a 20 ans), l'annonce du diagnostic représente toujours un choc considérable, non seulement pour l'enfant, mais aussi pour les membres de sa famille.

Coordonnatrice régionale pour Leucan Estrie, Suzelle Lacroix en sait quelque chose. Son implication au sein de Leucan est directement liée au décès de sa fille Marie-Hélène, survenu en 1994. Peu après l'annonce du diagnostic, elle et son mari ont commencé à prendre part aux activités de Leucan, dont les activités étaient concentrées à Montréal. L'implication de Suzelle Lacroix a fait en sorte que l'association Entraide Cancer Jeunesse Estrie a fusionné avec Leucan pour mener à la création d'un bureau régional, en 1996. Dès lors, Leucan Estrie était créée et Suzelle Lacroix en a assumé la présidence de façon bénévole.

« À l'époque, nous n'avions pas vraiment de bureau ni même d'employés. Tout s'organisait à partir de mon salon : la paperasse, les campagnes de financement, l'organisation des ventes de garage, des lave-o-thons, etc. ». Autant de temps et d'efforts dont l'objectif est d'améliorer le quotidien des enfants atteints de cancer et de leur famille.

Le premier projet fut l'aménagement d'une salle de jeux au 7e étage du CHUS, à la clinique d'oncologie pédiatrique. Une réalisation qui a séduit André Houle et qui a donné naissance au tournoi de golf Valeurs mobilières Desjardins au profit de Leucan Estrie, qui célèbre ses 20 ans cette année.

Au fil des ans, les activités de Leucan, tant au chapitre des collectes de fonds que des services offerts aux familles, ont grandement évolué. Tant et si bien que Leucan Estrie a pu se doter d'une permanence à laquelle se sont joints Isabelle Bujold, massothérapeute, et Patrick Lafortune qui supervise le projet pilote en art-thérapie.

Défi têtes rasées

L'engouement de la population entourant le Défi têtes rasées a aussi permis à Leucan Estrie de considérablement bonifier son offre de services dès le diagnostic de la maladie.

En plus d'appuyer la recherche clinique, l'Association offre à ses familles membres des services distinctifs et adaptés : accompagnement et soutien affectif, aide financière, service de références, massothérapie, animation en salle de jeux en milieu hospitalier, activités sociorécréatives, sensibilisation scolaire, accompagnement en fin de vie et suivi de deuil, ainsi que le Centre d'information Leucan. Leucan ne bénéficie d'aucune subvention gouvernementale. Tous ces services sont financés par différentes activités de collecte de fonds ou des partenariats, créés depuis 1996, par Mme Lacroix et son équipe.

En près de 20 ans, grâce au dévouement de Suzelle Lacroix, Leucan Estrie a pu venir en aide à plus de 150 enfants malades et à leur famille. Mais aux dires de Mme Lacroix, les bienfaits de ces retombées ont été aussi importants pour elle.

« C'est Leucan qui m'a aidé à faire mon deuil après le décès de ma fille, soutient-elle. De travailler avec ces gens-là, de voir des enfants qui guérissent, c'est tellement valorisant. C'est vrai que des fois tu te dis : pourquoi ma fille n'a pas eu cette chance de guérir? ' Mais en même temps, ces enfants-là nous donnent tellement de belles leçons de vie... »

À l'aube de ses 65 ans, Suzelle Lacroix dit songer à l'idée de passer le flambeau. Une décision qu'elle entend prendre d'ici juin 2016.

« Comme on vient d'agrandir notre territoire et qu'on a de nouveaux employés, je ne veux pas partir dans le brouhaha. Je veux faire les choses correctement...».

Une retraite qui lui permettra d'assouvir son autre passion, celle de combler d'amour et de câlins ses deux petites-filles que sont Maëlle (4 ans) et Léanne (2 ans) : « Mes deux poupounes d'amour, ma joie et mon bonheur. »

Pour ce qui est de Leucan Estrie, qu'elle considère à juste titre comme son « bébé », elle n'entend pas rompre les liens complètement. « Je ne serai jamais bien loin », assure Suzelle Lacroix.

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