Psychologue dans le concret

André Forest... (Imacom, Frédéric Côté)

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André Forest

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) La maladie mentale est encore aujourd'hui source d'inquiétudes, de préjugés, de tabous, de questionnements. Si la compréhension de la maladie mentale a tout de même grandement évolué depuis 30 ans, il n'empêche que bien des gens sont encore troublés quand un de leur proche reçoit un tel diagnostic.

« Tous les jours, il y a des gens qui apprennent qu'un de leurs proches a une maladie mentale. Tous les jours, il y a des nouvelles admissions au département de psychiatrie du CHUS. Ce qui me maintient en action, c'est de pouvoir aider tous ces gens-là », explique André Forest.

M. Forest est le directeur général de l'Association des proches de personnes atteintes de maladie mentale de l'Estrie (APPAMM-Estrie) depuis 32 ans. Il y avait été embauché au départ pour un contrat... de 15 semaines. L'année suivante, il en devenait directeur et n'a plus jamais cédé son siège.

« Comme psychologue, j'avais envie de voir les résultats concrets », explique celui qui, au départ, se dirigeait pourtant vers l'enseignement.

Dans le cadre de son contrat, il a rencontré une vingtaine de familles pour mieux comprendre leurs besoins. Deux d'entre eux ont ressorti du lot : le soutien et l'information.

C'est autour de ces deux demandes pressantes qu'André Forest a bâti l'organisme dont il a pris la charge à une époque où la désinstitutionnalisation des personnes souffrant de maladie mentale avait cours.

« À l'époque, il n'y avait pas d'internet comme aujourd'hui, et les gens étaient plus intimidés de poser des questions à un psychiatre », se souvient-il.

Investi de sa mission auprès de ces aidants naturels qui effectuent un travail incroyable auprès des malades, André Forest travaille aussi quotidiennement sur l'un de ses voeux les plus chers : déstigmatiser les maladies mentales. En effet, elles sont de plus en plus fréquentes puisqu'elles sont de plus en plus facilement diagnostiquées.

« La maladie mentale est quelque chose qu'il faut voir à long terme. Les pronostics de guérison sont toutefois vraiment meilleurs qu'avant » se réjouit-il.

Cet homme de coeur a remporté l'automne passé l'un des prix Reconnaissance de carrière Persillier-Lachapelle. Ce prix du réseau de la santé et des services sociaux rend hommage à des personnes qui, au cours de leur carrière, se sont consacrées au développement et à l'amélioration des services offerts dans le réseau.

« Ce prix m'a fait beaucoup de bien, avoue-t-il. Il met en lumière tout le labeur que toutes ces familles ont fait depuis 35 ans pour avoir une place dans le système de santé, et ce, tout en gardant le respect de la personne atteinte de maladie mentale. C'est une grande source de fierté pour moi. J'ai reçu le prix, mais je suis bien entouré. Tout ça est un travail d'équipe. »

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