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Après 37 ans de métier, Claude Poulin se retire

Claude Poulin... (Imacom, Claude Poulin)

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Claude Poulin

Imacom, Claude Poulin

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Claude Poulin a longuement hésité avant d'accepter de s'asseoir et de dresser un bilan de sa carrière comme photographe à La Tribune. Non pas par vanité, ni parce qu'il n'avait rien à dire, mais parce que l'homme a toujours été plus à l'aise derrière que devant la caméra.

« Je n'ai jamais cherché à être vu, dit-il. C'est vrai que j'ai connu une belle carrière. Il y a des jobs bien pires que ça, ajoute-t-il, mais pour moi, être photographe, c'est être discret tout en étant au bon endroit au bon moment... »

Cette carrière, qui aura duré 37 ans, a pris son envol en juillet 1977, peu avant les Jeux du Québec, à l'époque où l'équipe de photographes de La Tribune était composée principalement de Jules Jeanson, Doug Gerrish et Perry Beaton.

« À l'époque, Jules Jeanson était mon colocataire sur la rue Fisette. Comme La Tribune cherchait un photographe pour les vacances d'été, Jules m'a demandé si j'étais intéressé. Comme je faisais déjà un peu de photos et que je m'intéressais beaucoup à la photographie de presse, j'ai accepté. Finalement, ç'a duré plus longtemps que les vacances... »

Son baptême de feu aura été d'être assigné à une collecte de sang au CHUS... dont il gardera un souvenir impérissable.

« Ce n'est pas tant la collecte de sang dont je vais me rappeler toute ma vie, mais le fait d'y être allé avec (le journaliste) Gilles Dallaire. Ceux qui connaissent Gilles savent à quel point c'est une encyclopédie vivante. Il connaît tout sur tout le monde. Ce qui fait que, quand je suis revenu de ma collecte de sang, je connaissais à peu près tout le monde en ville... »

Mort et résurrection

En 37 ans de métier, Claude Poulin se plaît à dire qu'il a vu « apparaître et disparaître pas mal d'affaires » : du pont Aylmer au Festival des Cantons, du Challenge sur glace, à la mort et à la résurrection des Castors juniors, la liste est interminable. « Quand on pense à tous les édifices qui ont été démolis ou construis sur King Ouest, entre Jacques-Cartier et le centre-ville, ce n'est pratiquement plus la même ville... ».

Et parmi les milliers d'événements qu'il a été appelé à couvrir, certains sortent évidemment du lot. À commencer par cette prise d'otages du 24 novembre 1982, dans un dépanneur de la rue Quatre-saisons, dans l'Est au cours de laquelle il a pu s'approcher à quelques mètres du forcené (un dénommé Jean-Denis Lacroix) alors que celui-ci tenait un otage en joue armé de deux couteaux.

Sans parler de la tragédie d'Eastman au cours de laquelle un autocar rempli de personnes handicapées a sombré dans les eaux de lac d'Argent.

Même chose pour la fusillade du magasin Pacal du Carrefour de l'Estrie où un employé de la Brink' s a perdu la vie et qui a mené à la bévue policière du motel Châtillon de Rock Forest.

« Lorsque les gens parlent du poseur de tapis qui a perdu la vie au motel Châtillon, ils oublient souvent le meurtre du Pascal. S'il n'y avait pas eu le Pascal, il n'y aurait pas eu le Châtillon », rappelle-t-il.

À l'époque, se rappelle Claude Poulin, journalistes et photographes avaient un accès quasi illimité aux scènes de crime ou d'accident. Ce qui n'est plus le cas de nos jours.

En 37 ans de métier, Claude Poulin ne se rappelle pas avoir manqué une semaine de travail. « La seule journée (ou deux) que j'ai pu rater, dit-il, ç'a été à cause d'une entorse à une cheville. Pour le reste, je me suis toujours tenu loin du rhume ou de la grippe », dit-il, pince-sans-rire.

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