Un univers de possibilités

Alexandre Blais... (Imacom, René Marquis)

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Alexandre Blais

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Alexandre Blais, physicien et professeur à l'Université de Sherbrooke, travaille sur un ambitieux projet : développer un ordinateur quantique, un ordinateur si puissant qu'il est encore impossible aujourd'hui d'en imaginer toutes les possibilités.

En effet, l'ordinateur quantique offrirait un très large univers de possibilités, théoriques au début certes, mais qui pourraient avoir un impact sur nos vies quotidiennes dans les années et les décennies suivantes. « Cet ordinateur pourrait traiter en quelques jours des problèmes qui sont aujourd'hui impossibles à résoudre avec les technologies actuelles », soutient Alexandre Blais.

Et à quoi servira donc cet ordinateur quantique? « Quand on n'a pas la technologie, on ne sait pas à quoi elle va servir exactement. Par exemple, pour les inventeurs du transistor, l'application la plus prometteuses de leur découverte était les appareils auditifs alors qu'aujourd'hui, cette technologie est au coeur de tous nos ordinateurs et téléphones intelligents. »

Le monde de possibilités qu'offre l'accès à l'univers quantique est pourtant fort, fort, fort prometteur. « On arrivera à développer de nouvelles technologies. Par exemple, on peut espérer développer des supraconducteurs opérant à la température de la pièce plutôt qu'à très basse température comme c'est le cas aujourd'hui. »

Un ordinateur quantique demain? Non. Dans dix ans? Peut-être pas. Mais on s'en approchera assurément de plus en plus. « Il y a dix ans, les chercheurs disaient que développer un ordinateur quantique était une idée farfelue. Il y a cinq ans, c'était une idée « extrêmement difficile ». Maintenant, nous sommes dans l'ère où « c'est peut-être possible » », illustre le chercheur pour montrer à quel point les recherches évoluent rapidement.

L'ordinateur quantique est si prometteur que des entreprises importantes ont commencé à investir ces dernières années, comme Google et IBM notamment. Au total, une centaine de groupes de chercheurs, partout dans le monde, bossent sur des projets qui pourront éventuellement donner naissance à cette technologie prometteuse.

Recette théorique

À la tête d'une équipe d'une dizaine de personnes, Alexandre Blais travaille pour sa part sur la théorie. Il écrit donc la recette et, grâce à des collaborations, ce sont des laboratoires ailleurs dans le monde qui testent la théorie.

« Une fois que les tests sont faits dans les laboratoires, on analyse ce qui s'est passé », dit-il.

Le professeur est donc appelé à voyager un peu partout dans le monde pour parler de sa théorie, assister à des colloques et participer à des tests sur sa théorie. Mis bout à bout, ces voyages représentent environ deux mois de l'année où le père de famille doit se trouver loin de la maison.

« Il n'y a jamais une semaine normale, sans imprévu, dans ma famille! » s'exclame-t-il.

Un professeur d'université est comme une petite PME à lui seul, image Alexandre Blais pour expliquer à quel point ses semaines sont bien remplies. « Il faut embaucher du personnel, aller chercher puis gérer notre financement, s'occuper du marketing en faisant connaître sa recherche, enseigner à tous les niveaux et, à travers tout ça, trouver du temps pour faire le travail pour lequel nous sommes formés, soit notre projet de recherche. C'est du travail plus qu'à temps plein! »

La flexibilité - familiale et professionnelle - est donc au menu.

« Il y a tout un groupe derrière moi, et c'est grâce à ce groupe que ça fonctionne. Si j'étais tout seul dans mon coin, ça ne fonctionnerait pas, mes recherches ne seraient pas où elles en sont actuellement », assure-t-il.

Alexandre Blais a tout récemment reçu le prix ACFAS Urgel-Archambault 2014, qui récompense les chercheurs en sciences physiques, en mathématiques, en informatique ou en génie, et a été nommé parmi les 91 premiers membres du Collège des nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en sciences de la Société royale du Canada, deux honneurs qui lui font plaisir et le gênent en même temps.

« Encore une fois, rien de tout cela ne serait possible sans le soutien des gens autour de moi », conclut-il.

Alexandre Blais est né à Sherbrooke;

Il a fait son baccalauréat, sa maîtrise et son doctorat à l'Université de Sherbrooke et son postdoctorat à l'Université Yale au Connecticut;

Il est le père de deux fi ls de 8 et 5 ans, soit Jérémie et Étienne;

Il est professeur à l'Université de Sherbrooke depuis 2006.

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