Engagée pour la diversité

Myriam Pelletier-Gilbert... (Imacom, Claude Poulin)

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Myriam Pelletier-Gilbert

Imacom, Claude Poulin

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(SHERBROOKE) Myriam Pelletier-Gilbert se réjouit du travail accompli au fil des ans quant à l'égalité des droits des minorités sexuelles, mais croit que l'égalité sociale n'est pas encore atteinte.

« À Sherbrooke, est-ce que vous voyez souvent deux hommes se promener main dans la main au centre-ville? Moi, j'en ai vu une fois et je suis convaincue que c'étaient des touristes, lance-t-elle en souriant. Si on veut garder nos jeunes dans la région, il faut qu'ils se sentent bien, qu'ils puissent être eux-mêmes dans leur Sherbrooke. Parce que j'entends encore plusieurs jeunes homosexuels qui ont juste hâte de partir pour Montréal, une ville où l'anonymat est plus facile. »

Myriam Pelletier-Gilbert est sensible à la réalité des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et transsexuelles (LGBT) puisqu'elle fait elle-même partie d'une minorité sexuelle. Elle est aussi à l'écoute de la jeunesse avec laquelle elle est en contact quotidien à titre de conseillère à la coordination de l'association étudiante du Cégep de Sherbrooke. De nature engagée, Mme Pelletier-Gilbert déploie beaucoup d'énergie pour faciliter la vie des jeunes Estriens qui doivent annoncer à leur entourage qu'ils sont homosexuels ou bisexuels.

« La société s'ouvre, mais je rencontre encore dans mon bureau des jeunes qui se font mettre à la porte de chez leurs parents lorsqu'ils leur apprennent qu'ils sont homosexuels », déplore celle qui travaille au cégep depuis six ans.

Pour changer les choses, Myriam Pelletier-Gilbert créait, en 2011, le Regroupement estrien pour la diversité sexuelle (REDS) qui lutte contre l'homophobie et la transphobie dans la région. En juin dernier, elle faisait un pas de plus pour favoriser l'ouverture d'esprit de la communauté en fondant le GRIS Estrie, un organisme ayant la mission de démystifier les réalités homosexuelles et bisexuelles et de faciliter l'intégration des gais, lesbiennes, bisexuels et bisexuelles dans la société.

Le Groupe régional d'intervention sociale de l'Estrie (GRIS) Estrie agit principalement auprès des jeunes en offrant des ateliers de démystification de la diversité sexuelle dans les classes des écoles secondaires, cégeps et universités de la région.

« Il y avait un besoin dans la région. Les écoles et les maisons des jeunes en faisaient la demande. Et puis, j'en côtoie des jeunes de minorités sexuelles, des jeunes qui sont nés les années 2000, pas dans les années 1970, et qui eux aussi ont vécu des choses difficiles à l'école ou du rejet familial. Des jeunes qui sont rendus à 16 ou 18 ans et qui vivent l'homosexualité en secret alors qu'on sait que la plupart prennent conscience de leur homosexualité lors du secondaire. »

Pour que ces jeunes se reconnaissent et s'épanouissent, le GRIS Estrie a recruté une vingtaine de bénévoles qui partageront dans les classes de la région leur histoire de diversité. « Chacun a une histoire unique et on tente de parler de toutes les facettes de la vie. Nous avons des parents, des retraités, des universitaires, des sportifs de haut niveau, des jeunes professionnels. L'objectif est de démontrer qu'il est possible d'avoir une belle vie même si on fait partie d'une minorité sexuelle », explique celle qui a planché pendant trois ans pour arriver à la création du GRIS Estrie en juin 2014.

Les premiers ateliers ont été donnés cet automne. Pour sa première année, l'objectif du GRIS Estrie est de rencontrer 1500 jeunes estriens. L'organisme est ouvert pour les demandes et le service est offert gratuitement. Le GRIS Estrie permettra de compiler des statistiques régionales, des données qui ne sont pas disponibles pour le moment.

« Aujourd'hui, les jeunes peuvent trouver beaucoup d'information sur internet, mais un réel échange, une vraie rencontre n'a pas le même impact. Et en plus, tout ce qui est sur internet ne représente pas toujours la réalité », lance Mme Pelletier-Gilbert ajoutant que les ateliers sont aussi là pour défaire les mythes entourant les pratiques sexuelles des homosexuels et bisexuels.

Myriam Pelletier-Gilbert est née dans une petite municipalité sans modèles homosexuels. Aujourd'hui, sa plus grande fierté est d'avoir fondé sa famille, à sa manière, même si le faire de façon conventionnelle aurait été plus facile.

Elle rêve que GRIS Estrie disparaisse dans 5 ans pour cause d'inutilité et d'ouverture d'esprit à 360 degrés. D'ici là, elle ne compte pas ses heures de bénévolat.

Née le 20 octobre 1973, elle grandit dans la petite municipalité de Beaumont dans la région de Chaudière- Appalaches

Conjointe de fait de Valérie Hamel depuis 5 ans et mère d'une fi llette de 5 mois

Bachelière de l'Université de Sherbrooke en histoire, elle vit en Estrie depuis 1996

Conseillère à la coordination à l'association étudiante du Cégep de Sherbrooke depuis 2008

A fondé la Coop de solidarité du Cégep de Sherbrooke en 2009 et a siégé au CA pendant 5 ans

A fondé le comité pour l'inclusion des minorités sexuelles au Cégep de Sherbrooke en 2009

A fondé en 2011 le Regroupement estrien pour la diversité sexuelle et y est membre depuis

A participé en 2013 et 2014 à l'organisation de Fière la fête, la première fête de la diversité à se tenir en Estrie

Fondatrice et présidente du GRIS Estrie.

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