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Une randonnée aux couleurs du bonheur

De la tour du mont Saint-Alban, on peut... (La Tribune, Mélanie Noël)

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De la tour du mont Saint-Alban, on peut voir le bout de la presqu'île de Forillon, à Cap-Gaspé. On peut aussi admirer les baleines et le Rocher Percé si on plisse les yeux.

La Tribune, Mélanie Noël

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(Gaspé) La Traversée de la Gaspésie en ski de fond existe depuis 12 ans, celle en vélo depuis trois, mais avait lieu, du 27 septembre au 4 octobre, la toute première édition de la Traversée de la Gaspésie à bottine. Pendant ce périple, 125 randonneurs ont parcouru quelque 115 kilomètres, du mont Albert jusqu'à Gaspé, à la rencontre de paysages automnaux à couper le souffle. Notre journaliste Mélanie Noël faisait partie de cette première cohorte de marcheurs. Elle nous raconte sa semaine bénie par la météo.

C'est avec les muscles endoloris, le coeur gros et la tête pleine d'une Gaspésie multicolore que les randonneurs ont marché leurs derniers kilomètres de la Traversée de la Gaspésie (TDLG) le week-end dernier. Avec leurs 115 kilomètres dans le corps, les randonneurs se félicitaient du chemin parcouru tout en réalisant la chance qu'ils avaient eue de marcher sous un ciel souvent bleu, toujours dégagé, qui leur a permis de profiter des paysages s'étendant jusqu'à un horizon aux airs d'infini.

Une semaine plus tôt, après les premières présentations faites au Gîte du Mont-Albert, les marcheurs étaient fébriles. Bottines aux pieds, au premier matin d'une randonnée de six jours, il était difficile pour les randonneurs occasionnels dont je faisais partie d'évaluer la taille de l'épreuve physique qui les attendait. Mais les vues panoramiques qu'offraient les sommets du mont Albert, du mont Jacques-Cartier, des monts Xalibu, Saint-Pierre ou Saint-Louis valaient largement les efforts et les sueurs nécessaires à leur ascension.

Des montées abruptes, des sommets caillouteux, des versants sillonnés de chutes et de rigoles, voilà ce qui attendaient les randonneurs dans les premiers jours.

Le parcours moins escarpé des jours suivants, mais quand même marqué de bonnes pentes soutenues, réservait de nombreuses surprises aux randonneurs prêts à s'essouffler et à souffrir des mollets. Falaises sculptées par le temps, bord de mer, plages de galets, petits ponts suspendus, lever et coucher de soleil à faire rêver. J'ai eu un coup de coeur pour le sentier du Grand Étang qui était tapissé de mousse verte spongieuse. Entourés d'une forêt qui paraissait enchantée, les marcheurs se sentaient complètement englobés par la nature.

La faune était aussi au rendez-vous avec ses caribous que certains ont observés sur le flanc du mont Jacques-Cartier ou ses baleines et ses phoques nageant dans le fleuve Saint-Laurent. Aussi, il y avait tout ce qui ne se prend pas en photo : les odeurs des conifères, l'air salin de la mer, le bruit des éoliennes.

Les liens humains

Au-delà des kilomètres parcourus, il y a les liens humains qui se tissent. Inspirés des sourires et de l'enthousiasme des 15 membres de l'équipe de la TDLG, les randonneurs marchent dans le bonheur. Les longues heures passées à mettre un pied devant l'autre favorisent les encouragements, les chants, les anecdotes et parfois les confidences. Chaque parcours se termine avec un shooter servi par le maire de Carleton et un air festif de l'accordéoniste gaspésienne Sylvie Gallant. Aussi, un trio de musiciens suit les marcheurs tout au long de la semaine pour ajouter de la poésie au trajet. On les retrouve même parfois dans un refuge sur le flanc d'une montagne.

Autre moment marquant de cette première édition de la TDLG : un dîner au phare de Pointe-à-la-Renommée, qui a une longue histoire puisqu'il s'agit de la première station radiomaritime en Amérique du Nord. Rassemblés autour du phare qui surplombe le fleuve, les randonneurs ont pu manger leur sandwich en écoutant les musiciens jouer guitare et flûte traversière. Certains n'ont pas pu résister et ont dansé une petite gigue au soleil avant de prendre la route.

Aussi, un bel hommage a été rendu à un habitué de la TDLG en ski de fond qui est atteint d'un cancer incurable. Dans la petite église St Peter's cachée dans les bois du parc Forillon, une randonneuse a offert a capella un touchant chant d'opéra de Händel à son ami malade.

Les soirées étaient animées par l'humoriste Pierre Brassard et les comédiennes Sophie Faucher et Pascale Bussières. On a même eu droit à une soirée Bottine Académie où les chanteurs de talent, ou pas, ont offert des prestations toujours de bon coeur.

«D'avoir été ainsi coupée de l'actualité, du quotidien, sans penser à rien puisque tout était organisé du matin au coucher, à partager une bulle de bonheur, d'une rare simplicité, cristallise pour moi le souvenir de la TDLG. On nous a comblé la panse, ouvert la vue, bercé les oreilles, cajolé le coeur d'anecdotes rigolotes, rempli les poumons d'un air cristallin et les jambes d'acide lactique. Nos sens ainsi stimulés nous ont permis de vivre une expérience de totale symbiose les uns avec les autres, tous en parfaite osmose avec la nature», résume la randonneuse Sophie Bélanger.

La TDLG en un seul mot : mémorable.

MOMENTS COUPS DE COEUR

- Le lever du soleil à Petite Vallée où nous habitions un des mignons petits chalets de la Maison LeBreux au ras le fleuve. Nous avons mis le cadran pour sortir sur le balcon et dévorer ce cadeau matinal.

- La randonnée dans le parc Forillon, du sentier Les Crêtes jusqu'au mont Saint-Alban, au cours de laquelle certains randonneurs ont chanté tout leur répertoire musical afin d'éviter de tomber face à face avec un ours noir.

- Les produits du terroir de la Gaspésie que le TDLG nous a fait découvrir tout au long du parcours. Des boules de morues du Café de l'Anse aux bouchées de saumon fumé au sirop d'érable d'Atkins et frères du Mont-Louis en passant par les plats préparés par le chef Guillaume Charbonneau du Gîte du Mont-Albert.

PARCOURS

- Mont Albert avec ses 800 mètres de dénivelé (16 km)

- Mont Jacques-Cartier avec ses 1270 mètres d'altitude, mont Xalibu, lac aux Américains avec une possibilité d'un 7,5 km supplémentaire pour revenir jusqu'au Gîte (23 km)

- Mont Saint-Pierre l'Anse-Pleureuse (25,5 km)

- Grand Étang l'Anse-à-Valleau (16 km)

- Parc Forillon : Les Crêtes Mont Saint-AlbanCap-Bon-Ami (18 km)

- Parc Forillon : Les Graves et Cap Gaspé (18 km) La TDLG bottine en chiffre s

EN RÉSUMÉ

- Un trajet de quelque 115 kilomètres étendus du mont Saint-Albert jusqu'à Gaspé

- Un séjour incluant 7 nuitées et un parcours étalé sur 6 jours de randonnée

- Un groupe de 125 marcheurs âgés de 30 à 74 ans

- Coût : entre 1150 et 3000 $ en fonction du type d'hébergement choisi qui va du coucher en dortoir à celui en occupation simple.

- Le coût inclut tous les repas et collations à saveur du terroir régional

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