C'est à cela que répond l'entreprise Viandes Laroche, dont les installations ultramodernes sont loin de ressembler à un sinistre abattoir. Tout est prévu pour que l'animal de boucherie connaisse une fin heureuse.
« Le bien-être des animaux d'élevage qui servent à nourrir l'humain est essentiel. C'est encore plus vrai dans leurs derniers instants de vie, et pas seulement pour répondre à la mode des défenseurs des droits des animaux. C'est surtout essentiel pour produire la meilleure qualité de viande, pour qu'elle soit la plus tendre possible », plaide le président de l'entreprise, Claude Laroche.
En effet, le relâchement des nerfs et le contrôle du flux sanguin chez le boeuf font une différence sur la texture et la saveur de la viande. Et cela n'est possible qu'en l'absence de stress lors des derniers moments de la vie de l'animal. Autrement dit, une fin heureuse pour une viande heureuse!
Chez Viandes Laroche, cette fin de vie passe notamment par une période de relaxation sous lumière tamisée, avec une musique douce et apaisante du compositeur et musicien thérapeutique australien Robert Boyd. « Les sons ont été spécialement étudiés pour répondre à l'acuité auditive du bovin », précise M. Laroche.
Pour l'homme d'affaires, qui s'assure de maintenir les plus hauts standards d'élevage bovin pour sa filiale Viandes sélectionnées des Cantons (voir autre texte), l'abattage est une phase cruciale.
« Il faut 30 mois de travail pour développer le meilleur boeuf. Tous ces efforts seront perdus s'il y a une mauvaise qualité d'abattage », exprime l'ancien professeur d'éducation physique.
Son approche du mieux-être des animaux jusqu'à l'étape finale est le fruit d'une trentaine d'années d'expérience basée sur une multitude d'observations.
Le but ultime de cette longue démarche est bien sûr de mettre en marché la meilleure viande de boeuf possible, même si cette denrée alimentaire n'a plus la cote comme avant.
« C'est un fait que la consommation de viande dans les pays occidentaux a baissé, mais les gens la consomment mieux. Je fais le pari qu'il y a une place importante pour un produit de luxe. Au Québec, c'est illusoire de concurrencer la production industrielle des États-Unis. C'est d'ailleurs dans cet esprit que, d'ici un an, nous allons percer le marché européen », assure M. Laroche.
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Porcelets sous observation
Cette quête du bien-être pour les animaux d'élevage qui finissent inévitablement dans le poêlon prend même une forme scientifique à Sherbrooke : à compter de l'hiver prochain et pendant deux ans, des porcelets seront placés sous la loupe d'experts qui tenteront de mieux comprendre leur comportement. Le projet est une initiative du Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC).
« L'étude porte sur la relation humain-animal. Les porcelets seront étudiés scientifiquement en différents groupes et dans différentes interactions pour mieux documenter leurs réactions entre le renforcement positif et le renforcement négatif. Par exemple, nous allons voir comment les approcher, leur parler, bref, être en relation avec eux. Parmi différents paramètres, nous voulons voir si le porcelet (ou plus tard dans sa vie adulte), va généraliser tel ou tel type de comportement humain », résume Nicolas Devillers, chercheur principal et docteur en sciences animales.
En raison de l'importance que le porc occupe dans l'économie canadienne (1,19 milliard $ en exportation), on comprend l'importance de maintenir et d'améliorer constamment la qualité du produit.
« Au bout du compte, notre étude espère améliorer les pratiques d'élevage et les performances du porc. Je suis convaincu que le bien-être de l'animal en fait partie », soumet le chercheur, pour qui le mal-aimé de la ferme est bien plus que du bacon.
« D'accord, la finalité du porc, c'est dans une assiette. Mais cela ne doit pas empêcher l'animal de profiter des meilleures conditions de vie possible. Un éleveur peut répondre à toutes ces conditions de vie sans nécessairement investir une fortune. Un comportement adéquat ne coûte rien. Et c'est cela que nous voulons mieux documenter », illustre Nicolas Devillers.
Ces résultats scientifiques seront publiés à la fin de la recherche, dans deux ans. Des recommandations devraient suivre auprès des éleveurs de porcs d'ici quelques années.