En Télé-assistance en soins de plaies, une structure unique a été imaginée et mise en place afin d'assurer la formation et le développement des infirmières qui bossent dans les CLSC par exemple.
Ainsi, dans chaque établissement de santé en dehors du CHUS, se trouve une infirmière ressource. Lorsqu'une infirmière soignante, celle qui se trouve en première ligne, reçoit un patient présentant une plaie complexe, celle-ci peut faire appel aux connaissances de son infirmière ressource. Et si le cas est encore trop complexe, l'infirmière ressource fait appel aux infirmières expertes du CHUS.
Comme il s'agit d'une télé-assistance et non d'une télé-consultation où l'expert dirigerait l'intervention et poserait le diagnostic et le plan de traitement, l'infirmière ressource est donc impliquée totalement dans l'intervention et apprend ainsi beaucoup dans l'objectif de développer sa propre expertise en soins de plaies.
«D'ailleurs, on voit déjà que les infirmières ressources se sont beaucoup développées», explique Sonia Quirion, coordonnatrice en télésanté pour le Réseau universitaire intégré de santé de Sherbrooke.
La télémédecine destinée aux urgences a aussi permis d'élaborer tout un programme de formation à travers la nouvelle technologie de caméras robotisées qui a été inventée pour permettre à l'expert de bien voir l'action qui se déroule autour de son patient.
D'ailleurs, sous peu, chaque faculté de médecine québécoise aura son propre laboratoire de simulation clinique muni de systèmes robotisés équivalents. Ainsi, les étudiants et médecins en exercice pourront, dans le cadre de formations continues, être filmés afin de pouvoir mieux analyser leurs procédures par la suite. C'est ce qu'on appelle le débriefing.
Ainsi, c'est l'enseignement complet de la médecine qui risque de prendre un virage important grâce à ce système, explique le Dr Marcel Martin, médecin au CHUS mais aussi professeur à l'Université de Sherbrooke. «L'apprentissage sur le tas, comme on le faisait avant, est maintenant fini. L'enregistrement avec un système de caméras et le débriefing font partie de la clé d'un apprentissage réussi.»
Son objectif est que les médecins répètent suffisamment certains gestes pour en devenir des experts. En effet, à force de répétition, une intubation qui pouvait prendre cinq minutes auparavant pourra finalement être réussie en 30 secondes.
En fin de compte, c'est le patient qui y gagne à tous les coups. «Une augmentation de la qualité des soins augmente la qualité de vie des patients», conclut Renald Lemieux.
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