Certes, cette façon de faire est toujours valable pour soigner les très complexes maladies du cerveau et les tumeurs cérébrales. Cependant, il existe aujourd'hui le Gamma Knife, un appareil de radiochirurgie spécialement conçu pour la neurochirurgie céphalique. Opéré avec cette machine d'une valeur de cinq millions de dollars, un patient peut retourner au travail dès le lendemain s'il le veut!
Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) a été le deuxième hôpital du Canada à acquérir la coûteuse machine en 2004, puis à la remplacer par la dernière génération, le Gamma Knife Perfexion, au début de 2011.
«Avec cet appareil, on peut atteindre des zones du cerveau difficiles d'accès pour la chirurgie conventionnelle ou opérer dans des zones critiques du cerveau, comme le centre de la parole», explique le Dr David Mathieu, chef de la neurochirurgie et responsable du Gamma Knife au CHUS.
L'arrivée du Gamma Knife a permis de sauver de nombreux patients. « Quand une personne a plus d'un métastase au cerveau, on ne fait pas de chirurgie traditionnelle, parce que c'est beaucoup trop complexe. Mais grâce à la rapidité de cet appareil, on peut traiter jusqu'à dix métastases à la fois, selon l'état du patient », illustre-t-il.
Le neurochirurgien utilise aussi son savoir pour traiter des problèmes qui, s'ils ne menacent pas la vie des patients, nuisent quand même considérablement à leur qualité de vie. La névralgie du trijumeau, qui entraîne des douleurs faciales sévères, en est un bon exemple.
La recherche se poursuit
Le CHUS, avec à sa tête le neurochirurgien David Mathieu, fait d'ailleurs partie des membres fondateurs du North American Gamma Knife Consortium (NAGKC). Cette association réunit plusieurs centres hospitaliers du Canada et des États-Unis qui, aujourd'hui, utilisent aussi cette nouvelle technique de chirurgie aux possibilités encore insoupçonnées. D'autres maladies, et éventuellement d'autres parties du corps humain, pourront un jour être traitées avec l'appareil.
«Nous faisons beaucoup de recherches avec le Gamma Knife pour essayer d'en développer tout le potentiel», souligne celui qui, pour remplir ces missions, est aussi professeur à l'Université de Sherbrooke et chercheur au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel.
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