Selon Karine Lavertu, doctorante en génie, seulement deux pour cent des gens vivant en milieu rural a accès à l'électricité. Et pourtant, c'est là que plus de 70 % la population est concentrée. Madagascar, l'un des pays les plus pauvres de la planète, peut compter sur une ressource éolienne importante.
Le pays compte déjà des éoliennes. Le hic, c'est qu'elles sont importées et coûtent cher. Le projet Harmattan mené par le groupe Génie-Vert ne vise pas simplement à développer une éolienne de 1,4 kilowatt: l'objectif est que les gens là-bas puissent aussi fabriquer leurs propres éoliennes, souligne Karine Lavertu, qui a d'abord planché sur ce projet dans le cadre de la fin de son baccalauréat, avant qu'il ne soit repris par le groupe Génie-Vert.
Le produit sera beaucoup moins cher, parce qu'il pourra être fabriqué par eux. Avec 1,4 kilowatt, l'éolienne pourrait alimenter en électricité un bâtiment communautaire, par exemple.
Génie-Vert, dont l'étudiante est l'une des fondatrices, collabore avec le groupe New Technology and Business Laboratory (NTBL), partenaire d'une université malgache.
«Ce qui est particulier, c'est qu'il faut l'adapter à Madagascar. Chaque fois qu'on décide d'un concept, on est en contact avec eux là-bas. On leur fait valider les concepts, les matériaux, les procédés», explique celle qui a été finaliste au Gala Forces Avenir, dans la catégorie personnalité 2e et 3e cycle. Ce gala provincial récompense la crème des étudiants québécois.
Selon l'échéancier prévu, l'éolienne doit être terminée le 1er mars, pour ensuite être validée. Les étudiants devront trouver un site dans la province pour tester le produit afro-sherbrookois. «C'est malheureux à dire, mais c'est rare que ça marche du premier coup, lance-t-elle en riant. On doit rédiger le guide de fabrication, d'entretien et d'installation (à l'intention des Malgaches).» Au total, sept personnes devront se rendre dans la localité située à 30 km d'Antananarivo, la capitale du pays, pour la suite du projet. Un stagiaire devrait passer environ trois mois là-bas.
Dans une seconde phase, les quelque 22 étudiants, qui sont à la recherche de financement, aimeraient créer une éolienne encore plus puissante.
À la télé
Le projet sherbrookois fera l'objet d'une capsule à Salut, Bonjour! week-end, le 7 décembre. Le chroniqueur à l'environnement François Tremblay, bien connu sous le nom d'Arthur L'Aventurier, s'est d'ailleurs arrêté à l'UdeS avec son équipe de tournage cette semaine. «C'est toujours intéressant de mettre en lumière de belles initiatives», lance celui qui fait des chroniques depuis deux ans à Salut, Bonjour! et depuis peu à Salut, Bonjour! week-end.
François Tremblay fera aussi connaître Mots de Terre, un livre réalisé par des élèves du Collège Mont Notre-Dame, dans une chronique qui sera diffusée le 23 novembre à 8 h 40.