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Donald Thompson rend hommage à son père

Donald Thompson... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

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Donald Thompson

Archives La Tribune, Maxime Picard

Mario Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Donald Thompson le reconnaît d'emblée: l'idée du train touristique Orford Express était une façon pour lui de se rapprocher de la mémoire de son père, cet homme qui conduisait des locomotives et qui ne lui a pas adressé la parole une seule fois pendant les 31 dernières années de sa vie.

«On a des choses à régler, mon père et moi, et on réglera ça de l'autre bord, tous les deux, avec le Christ comme médiateur. Une fois que ce sera fait, je crois que papa me dira qu'il est fier de moi. Il m'a légué quelque chose», confie le prêtre de 59 ans, qui porte aussi le chapeau d'homme d'affaires.

 

Ce quelque chose, c'est la passion de trains.

«Une passion de petit garçon», rappelle Donald Thompson, qui n'a que des souvenirs heureux de ces nombreuses randonnées faites à partir d'East Angus, sa ville natale, à bord du train conduit par son père.

Malheureusement, un conflit entre les deux hommes, qui a éclaté alors que le fils avait 18 ans, n'a pas été résolu avant que le paternel trouve la mort dans l'incendie de sa résidence, au lac Aylmer, pendant la tempête du verglas en 1998.

«Quand mon père conduisait des locomotives, je l'épiais et je constatais à quel point il était un homme brillant. Mon père s'est fait beaucoup mal, mais mon père, c'est mon père, et je l'aime. Je fais des messes pour lui encore aujourd'hui», poursuit celui qui est curé de la cathédrale de Sherbrooke depuis deux ans.

Prêtre d'abord

Aux yeux de Donald Thompson, il ne fait aucun doute que l'on peut être à la fois prêtre et homme d'affaires.

«Nous sommes des prêtres séculiers, ce qui veut dire «dans le monde». Il n'y a pas d'incompatibilité entre les deux. Nous n'avons pas fait voeu de pauvreté», précise-t-il.

Donald Thompson n'est d'ailleurs pas le premier serviteur de Dieu à se passionner pour les trains et les chemins de fer. Le légendaire curé Labelle fut un précurseur dans le domaine.

Comme le bon prêtre des Pays d'en-Haut qui s'est battu jadis pour implanter le Train du Nord, la passion première de Donald Thompson demeure toutefois la prêtrise. «C'est le coeur de ma vie», mentionne-t-il. Son rôle de prêtre demeure sa responsabilité première et cela le blesse quand les gens entretiennent des doutes.

Le curé Thompson avait donné rendez-vous à l'auteur de ces lignes à 8 heures du matin, à l'archevêché, pour les fins de l'entrevue. Celle-ci a finalement dû être reportée d'une demi-heure. «Un prêtre doit s'absenter et je dois célébrer une messe à la cathédrale», s'est-il excusé.

Une fois la célébration terminée, alors qu'il se dirigeait vers son bureau en compagnie du journaliste, le prêtre a été rejoint par un jeune homme qui venait s'assister à la messe.

- Je peux vous parler, monsieur le curé?

- Bien sûr.

Une fois en retrait, l'homme a demandé au prêtre s'il pouvait lui donner un petit quelque chose à manger. L'individu âgé dans la trentaine avait faim. Le prêtre a immédiatement demandé à une adjointe si elle pouvait voir à lui faire préparer un petit quelque chose. Ce qui fut fait. «C'est souvent comme ça ici, a-t-il raconté après coup. C'est un peu déroutant dans notre société de voir cela.»

Depuis qu'il est en poste à la cathédrale St-Michel, et au cours des 15 années précédentes passées comme aumônier à la prison Talbot, Donald Thompson en a vu de toutes sortes.

«À un certain moment, nous avions décidé d'ouvrir la cathédrale sept jours sur sept, de 7 h à 16 h. Or, en hiver, il y avait plein de gens qui y venait dormir à la chaleur, dans leur sac de couchage, près des calorifères. Les psychiatrisés ont rapidement fait leur apparition et la police devait venir régulièrement. Quelques heures seulement après avoir quitté l'hôpital, on les voyait réapparaître à la cathédrale.

«Un jour, il y en a un qui s'est déshabillé flambant nu et qui a saisi deux chandelles allumées, qu'il frappait l'une contre l'autre devant une statue. Tu ne peux pas intervenir dans des situations pareilles. J'ai appris, pendant les années que j'ai passées à la prison, que tu peux te mettre à risque en intervenant dans de telles situations. Il y a un an, nous avons donc dû prendre la décision de fermer la cathédrale. On l'ouvre maintenant le mercredi et les fins de semaine», explique l'abbé Thompson.

Pas facile d'être prêtre en 2008. C'est peut-être encore plus vrai au centre-ville de Sherbrooke.

 

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