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Jacques Rouvier n'oubliera pas Perlemuter de sitôt

Steve Bergeron
Steve Bergeron
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En 1965, Jacques Rouvier était un tout jeune pianiste de 18 ans, qui, après avoir remporté le Grand Prix du Concours des Jeunesses musicales, s'est retrouvé à Orford pour un stage estival. Cet été-là, le directeur Gilles Lefebvre avait réussi à attirer le grand pianiste Vlado Perlemuter, lui-même ancien élève de Maurice Ravel. Le jeune musicien avait été renversé.

Quatre décennies et trois calendriers plus tard, Jacques Rouvier, pianiste reconnu, a dans sa discographie l'intégrale des oeuvres pour piano de Ravel. Professeur au Conservatoire de Paris depuis presque 30 ans et également à Berlin, il n'a pas oublié son séjour en Estrie où il a rencontré un grand musicien qui allait devenir son professeur.

"J'en garde un souvenir ému et extrêmement précis. Je me souviens surtout de l'interprétation des Histoires naturelles que Ravel a écrites sur des textes de Jules Renard. J'ai versé des larmes de la première à la dernière note. J'ai vécu beaucoup d'émotions riches ici."

Pianiste français d'origine polonaise, Vlado Perlemuter fut un élève privilégié de Ravel, pour avoir été le seul à travailler l'oeuvre de Ravel avec le maître lui-même. Il est vite devenu une référence par rapport au compositeur français. Il est décédé en 2002, à l'âge de 98 ans.

Jacques Rouvier a travaillé avec Perlemuter entre 1967 et 1969. "Je me souviens surtout de cette sensibilité formidable, de l'émotion et de la sincérité de son enseignement. J'ai beaucoup appris avec lui. Quand j'avais été paresseux et que je lui demandais conseil pour choisir une mazurka de Chopin ou un prélude de Bach, il se mettait au piano et j'avais droit à tout. Tout comme Ravel l'a dit de Fauré, j'ai plus appris du musicien que du professeur."

Perlemuter lui a évidemment parlé de l'éminent compositeur du Boléro. "Un jour, il l'a entendu jouer sa propre Sonatine. Étonnamment, elle était très grise, comme si des inhibitions l'empêchaient de s'exprimer, alors qu'avec ses élèves, Ravel insistait sur les couleurs et les nuances", raconte-t-il.

"Pour moi, Ravel est davantage un grand magicien. Debussy est allé beaucoup plus loin que lui en composition, mais Ravel arrivait à créer des atmosphères féeriques, avec un sens aigu de l'orchestre. Même quand il écrit pour piano seul, on sent que tout l'orchestre est là derrière."

Aussi Chopin et Debussy

Le programme du concert Hommage à Perlemuter ce soir a été quelque peu modifié. La soirée débutera par trois préludes de Debussy et deux nocturnes de Chopin. Perlemuter était aussi admiré pour son interprétation de ces deux compositeurs.

Anny Hwang, étudiante de Jacques Rouvier, jouera pour sa part la Ballade no 2 de Chopin, les Jeux d'eau et sera rejointe par son maître pour Ma mère l'oye à quatre mains. Jacques Rouvier reprendra la scène en deuxième partie, avec Alborada, Oiseaux tristes, Sonatine et l'incontournable Pavane pour une infante défunte.

steve.bergeron@latribune.qc.ca

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