Les manifestations s'étendent dans le sud de l'Irak

Des Irakien étaient de nouveau dans les rues... (PHOTO Haidar MOHAMMED ALI, AFP)

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Des Irakien étaient de nouveau dans les rues de Bassora vendredi, un mouvement de protestation qui en est à son sixième jour.

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Agence France-Presse
BASSORA

Des Irakiens ont de nouveau manifesté vendredi à Bassora, au sixième jour d'une contestation sociale qui s'est étendue à d'autres provinces du sud de l'Irak, un pays miné par la corruption et des années de violences.

Les protestations contre le chômage et la vétusté des services publics, principalement l'électricité, ont été exacerbées par la mort d'un manifestant dimanche à Bassora, au premier jour des manifestations dans ce chef-lieu de la province du même nom, riche en pétrole.

Le premier ministre Haider al-Abadi est arrivé à Bassora (environ 500 km au sud de Bagdad) en provenance de Bruxelles, où il a participé à une réunion sur la lutte internationale contre le groupe djihadiste État islamique (EI), défait l'année dernière en Irak après trois ans de combats meurtriers et destructeurs.

Il a rencontré des commandants militaires, des dirigeants politiques locaux et des responsables pétroliers, selon son bureau.

Le premier ministre a aussi discuté avec des leaders de tribus auxquels il a affirmé que l'État débloquerait «les fonds nécessaires pour Bassora», selon une source proche de M. Abadi.

Dans le centre-ville, des centaines de personnes ont manifesté vendredi devant le siège du conseil provincial, encadrées par un important dispositif de sécurité.

«Des voleurs nous pillent», ont-ils notamment scandé en brandissant des drapeaux irakiens, en référence au gouvernement.

«Les gens ont faim»

«Les gens ont faim et vivent sans eau ni électricité», s'est exclamé Abdallah Khaled, 29 ans.

«Nos demandes sont simples: plus d'emplois, des structures de dessalement de l'eau et la construction de centrales électriques», a ajouté cet employé.

Les dirigeants «n'ont rien fait. Même les routes datent du précédent régime», dit-il en référence à l'ère de Saddam Hussein, dictateur déchu en 2003.

Jeudi, des manifestants avaient brûlé des pneus dans plusieurs quartiers de Bassora et bloqué des routes.

Au premier jour des manifestations dimanche, un manifestant avait été tué par des tirs de la police selon des témoins, attisant les tensions.

Depuis, les manifestations sont quotidiennes, et elles se sont étendues vendredi aux provinces de Dhi Qar, Missane et Najaf, au nord de celle de Bassora.

Dans la province de Najaf, des dizaines de personnes ont envahi la salle d'attente de l'aéroport de la ville sainte chiite du même nom où s'étaient déployées les forces de l'ordre, selon un correspondant de l'AFP.

Des manifestants ont été blessés lorsque la police a tenté de les disperser, selon la même source.

À Nassiriya, dans la province de Dhi Qar, plusieurs manifestants et policiers ont été blessés dans des heurts, après que les protestataires se sont rassemblés devant la résidence du gouverneur, selon une source médicale.

À Missane, plusieurs médias ont fait état de manifestations devant le quartier général du parti Daawa, auquel appartient M. Abadi.

Dans un communiqué jeudi, le ministre du Pétrole Jabbar al-Luaibi avait affirmé que des manifestants dans la province de Bassora avaient tenté de pénétrer dans des raffineries sur un champ pétrolier et avaient mis le feu à certains bâtiments à l'entrée de l'installation.

«Révolution de la faim»

Les ressources pétrolières représentent 89% du budget de l'Irak et 99% de ses exportations, mais elles ne fournissent que 1% des emplois aux travailleurs locaux, les compagnies pétrolières étrangères employant essentiellement des étrangers.

«Il y a des emplois, mais ils sont pris par des non-Irakiens», a affirmé vendredi à l'AFP Moussa al-Asadi, 25 ans, dans la foule de manifestants à Bassora.

Le taux de chômage s'élève officiellement à 10,8% en Irak, où les moins de 24 ans représentent 60% de la population.

La plus haute autorité chiite d'Irak a annoncé vendredi son soutien aux manifestants, tout en les appelant à éviter les désordres.

«Il n'est ni juste ni acceptable que cette province riche (en pétrole) soit l'une des plus misérables d'Irak», a déclaré cheikh Abdel Mahdi al-Kerbalaï, représentant de l'ayatollah Ali Sistani, lors de son prêche à Kerbala (centre).

En 2015, un mouvement de protestation animé principalement par le dirigeant chiite Moqtada Sadr avait été lancé contre la corruption et la vétusté des services publics, avant de perdre de l'ampleur.

Moqtada Sadr est arrivé en tête des élections législatives du 12 mai avec son alliance inédite avec les communistes. Mais les résultats n'ont pas encore été validés.

Vendredi, le leader chiite a apporté son soutien aux protestataires.

«Nous n'acceptons pas que les manifestants opprimés soient agressés», a dit Moqtada Sadr sur Twitter, utilisant le hashtag: «la révolution de la faim gagne».




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