Amnistie accuse le régime syrien d'avoir utilisé des bombes à dispersion

Un chasseur de l'armée syrienne largue des bombes... (PHOTO BULENT KILIC, ARCHIVES AFP)

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Un chasseur de l'armée syrienne largue des bombes sur une ville du nord-ouest du pays.

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Associated Press
BEYROUTH

Amnistie internationale a accusé jeudi le régime syrien d'avoir attaqué une banlieue assiégée de Damas avec des bombes à dispersion, même si ces armes sont interdites à l'échelle internationale.

Ce rapport tombe au deuxième jour des discussions supervisées par les Nations unies à Genève dans le cadre de la plus récente tentative de trouver une solution politique à la guerre civile qui dure depuis près de sept ans.

Le rapport du groupe de défense des droits de la personne attire l'attention sur la situation humanitaire désastreuse dans la Ghouta orientale, au nord-est de Damas. La région est contrôlée par les rebelles, mais assiégée depuis 2013 par le gouvernement syrien et ses alliés. Quelque 400 000 civils, dont la moitié sont des enfants, y sont coincés.

Cette région a été l'un des pôles du soulèvement populaire contre le président Bachar el-Assad en 2011 et elle affiche maintenant le taux de malnutrition le plus élevé du pays, selon les Nations unies.

En s'appuyant sur des entrevues menées auprès de militants de l'opposition, ainsi que sur des vérifications faites sur des vidéos et des photographies, Amnistie internationale affirme qu'au moins dix civils ont été tués en novembre par des bombes à dispersion de fabrication soviétique.

L'organisme rappelle qu'il s'agit de bombes aveugles, qui présentent un grave danger pour les civils et qui sont interdites dans plus de 100 pays.

«Le gouvernement syrien a démontré un impitoyable mépris envers la vie de centaines de milliers de personnes qui vivent dans la Ghouta orientale», a commenté le directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnistie internationale, Philip Luther. «Mais cette récente escalade dans les attaques qui visent clairement des civils et des infrastructures civiles en utilisant des armes à dispersion illégales est horrifiante», a-t-il ajouté.

De petites bombes suspendues à un parachute

Amnistie affirme que les bombes à dispersion sont apparues pour la première fois en Syrie après le début des frappes russes en septembre 2015. Des témoins rencontrés par l'organisation ont raconté avoir vu tomber de petites bombes suspendues à un parachute, notamment sur un marché bondé et sur un quartier résidentiel.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, à Londres, rapporte qu'au moins 150 civils, dont 35 enfants, ont été tués dans la Ghouta orientale depuis le 14 novembre.

La Russie a informé l'ONU mardi que le gouvernement syrien avait accepté de respecter une trêve de 48 heures dans la région en marge des nouvelles négociations tenues à Genève. Des militants de l'opposition présents dans la région et l'Observatoire syrien des droits de l'homme ont cependant rapporté que les forces du gouvernement avaient recommencé à pilonner la région jeudi.

Toujours jeudi, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a rencontré séparément les deux camps au sujet d'une liste de principes qui pourraient servir de base pour «une vision commune de l'avenir de la Syrie».

«Ils pourraient servir de modèle pour la rédaction d'une nouvelle Constitution et servir de point de départ à des pourparlers de réconciliation», a déclaré M. De Mistura en conférence de presse.




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