Le Qatar fixe un salaire minimum pour les travailleurs immigrés

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Le Qatar était sous le feu des critiques au sujet des conditions de quelque 2 millions de travailleurs migrants, employés notamment sur les chantiers du Mondial-2022.

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Agence France-Presse
Doha

Le Qatar a fixé à 750 riyals par mois (250 $ CAN) le salaire minimum pour les travailleurs immigrés, une réforme introduite récemment par le pays hôte de la Coupe du Monde 2022 de soccer, a annoncé jeudi le ministre du Travail.

Ce salaire ne comprend pas le logement, la nourriture et les soins qui sont à la charge des employeurs, a déclaré Issa al-Nouaïmi.

Il a affirmé que ce montant était provisoire et qu'une augmentation était actuellement à l'étude.

Le salaire minimum faisait partie d'un ensemble de réformes de la loi du travail annoncées le mois dernier par Doha, qui était sous le feu des critiques au sujet des conditions de quelque 2 millions de travailleurs migrants, employés notamment sur les chantiers du Mondial-2022.

«Le salaire minimum temporaire de 750 riyals par mois entrera immédiatement en vigueur et nous poursuivons des évaluations pour déterminer le salaire minimum fixe», a précisé M. Nouaïmi.

«Nous n'approuverons aucun contrat de travail où le salaire est inférieur à 750 riyals par mois», a-t-il ajouté.

«Tous les contrats doivent maintenant être approuvés par le ministère du Travail», a encore dit M. Nouaïmi. «Si le contrat est modifié, nous appliquerons les nouvelles procédures.»

Parmi les autres réformes figurent l'obligation d'enregistrer les contrats de travail auprès du gouvernement et l'interdiction faite aux employeurs d'empêcher les travailleurs de quitter le pays ou de changer d'emploi.

Après l'annonce de ces réformes, l'Organisation internationale du travail (OIT) a jugé le 8 novembre que le Qatar ne violait pas les droits des travailleurs et a décidé de clore la plainte qui visait l'émirat.

Ces promesses ont été faites en pleine crise régionale qui oppose le Qatar à trois autres pays arabes du Golfe et l'Egypte.

Le Qatar est boycotté politiquement et économiquement depuis juin par l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte qui l'accusent de soutenir des groupes «terroristes» et de se rapprocher de l'Iran.

Moustafa Qadri, directeur exécutif de l'organisation Equidem de recherches sur les droits de l'Homme, a estimé que «le montant de 750 riyals paraît plutôt bas du fait que le coût de la vie est élevé au Qatar et que de nombreux travailleurs, si ce n'est la plus grande partie, paient des frais de recrutement importants à un taux d'intérêt élevé».

Selon lui, «avec ce salaire, cela prendrait plusieurs mois pour la plupart des travailleurs pour pouvoir rembourser les prêts contractés pour les frais de recrutement».




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