Combats entre troupes irakiennes et kurdes près de Kirkouk

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Les troupes irakiennes entendent «sécuriser les bases et les installations fédérales dans la province de Kirkouk», a indiqué le gouvernement.

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Marwan IBRAHIM, Ahmad AL-RUBAYE
Agence France-Presse
Kirkouk et Taza Khormatou

Des combats ont opposé dans la nuit de dimanche à lundi militaires irakiens et kurdes au sud de la ville de Kirkouk, tandis que les troupes fédérales ont progressé dans la province disputée, en certains endroits «sans combat».

Au milieu de la nuit, la télévision officielle a annoncé que les troupes avaient repris «sans combat» aux peshmergas de «larges zones» de la province. Des sources militaires des deux côtés ont ensuite rapporté des échanges de tirs de roquettes Katiousha au sud du chef-lieu de la province.

Le Premier ministre Haider al-Abadi, qui répète depuis plusieurs jours ne pas vouloir «mener une guerre» contre les Kurdes, avait «donné des ordres aux forces armées pour faire régner la sécurité à Kirkouk en collaboration avec les habitants et les peshmergas», selon la télévision. Il a insisté sur «la protection des citoyens des différentes communautés».

Dans la nuit, des combats ont toutefois éclaté, faisant plusieurs blessés parmi les peshmergas qui ont été hospitalisés à Kirkouk, a indiqué une source de sécurité locale.

«Sécuriser les installations»

Les combats se sont concentrés sur la zone de Taza Khormatou, qui borde la ville de Kirkouk au sud. Elle est le verrou menant vers la base militaire «K1» et des champs pétrolifères plus au nord que les combattants kurdes avaient pris il y a trois ans, dans le chaos créé par la percée fulgurante du groupe État islamique (EI).

À côté de «K1» se trouve une raffinerie à la lisière nord-ouest de Kirkouk. Les troupes irakiennes entendent également reprendre l'aéroport mitoyen. Les peshmergas assurent en avoir toujours le contrôle.

Le gouvernement a indiqué que les troupes avaient pour mission de «sécuriser les bases et les installations fédérales».

M. Abadi a en outre précisé que les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi n'entreraient pas dans la ville de Kirkouk, où plusieurs manifestations dénonçant leur participation aux mouvements ont eu lieu.

«Les unités du contre-terrorisme (CTS), la 9e division blindée de l'armée, et la police fédérale ont repris le contrôle d'importantes zones de (la province de) Kirkouk sans combat», a indiqué un général des CTS.

Des peshmergas «se sont retirés de Tal Al-Ward (sud-ouest de Kirkouk) et de la zone industrielle dans les faubourgs de Kirkouk sans combat», a indiqué de son côté Hemin Hawrami, conseiller du président Massoud Barzani.

Le sud de la province de Kirkouk est tenu par des peshmergas affiliés à l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), grand rival du Parti démocratique kurde (PDK) de M. Barzani, tandis que le nord l'est par les troupes du PDK. M. Hawrami a dénoncé sur Twitter des «problèmes internes et des accords ambigus».

Le vice-président kurde Kosrat Rassoul, lui-même un dirigeant de l'UPK, s'est toutefois rendu dans la nuit en tenue militaire à Kirkouk, accompagné de cohortes de peshmergas.

Quant au gouverneur Najm Eddine Karim, limogé par Bagdad mais qui refuse de quitter son poste, il a appelé les habitants à prendre les armes pour défendre leur ville.

Plus au sud, deux personnes ont été tuées dans des échanges de tirs d'artillerie à Toz Khormatou, à 75 km de Kirkouk, secouée chaque nuit depuis vendredi par des combats entre les peshmergas et les unités du Hachd al-Chaabi, a indiqué un médecin de l'hôpital de la ville.

Dans la soirée, un responsable kurde avait indiqué qu'une dizaine d'habitations de familles kurdes avaient été incendiées, accusant des unités turkmènes, une importante communauté de la ville, du Hachd.

Ces combats interviennent après trois jours de face-à-face tendu entre troupes irakiennes et peshmergas kurdes et après l'expiration d'un délai supplémentaire accordé à ces derniers pour se retirer.

Depuis vendredi, les forces irakiennes avaient repris certaines bases désertées peu avant par les peshmergas. 

«Déclaration de guerre» 

Les forces irakiennes se dirigent vers les champs de pétrole de Kirkouk, tenus par le gouvernement de Bagdad jusqu'en 2008 pour celui de Khormala et jusqu'en 2014 pour ceux de Havana et Bay Hassan.

Ces trois champs fournissent 250 000 barils par jour sur les 600 000 b/j de pétrole produits par les Kurdes, dont 550 000 b/j sont exportés par le Kurdistan irakien contre l'avis de Bagdad.

Le Kurdistan, qui traverse la plus grave crise économique de son histoire, pourrait lourdement pâtir de la perte de ces champs.

Plus tôt dimanche, le gouvernement irakien avait changé de ton en accusant les Kurdes de chercher à «déclarer la guerre» avec la présence dans la province disputée de combattants du PKK, considéré comme «terroriste» par Ankara et Washington.

Des responsables kurdes ont démenti une présence du PKK, mais l'un d'eux a reconnu qu'il y avait des «sympathisants» de cette formation à Kirkouk, des «volontaires» qui combattaient l'EI. 

La déclaration du Conseil de sécurité irakien a été rendue publique juste après une réunion des dirigeants kurdes qui ont refusé d'annuler le référendum d'indépendance du 25 septembre comme condition à des négociations comme le réclame Bagdad.

Selon Erbil, l'Iran a en outre fermé sa frontière avec le Kurdistan, ce que Téhéran a démenti.




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