OTAN et Pentagone réaffirment leur engagement en Afghanistan

Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, le président... (REUTERS)

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Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, le président afghan Ashraf Ghan et le chef du Pentagone Jim Mattis, à Kaboul le 27 septembre 2017.

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Thomas WATKINS
Agence France-Presse
KABOUL

Le chef du Pentagone Jim Mattis et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, en visite à Kaboul mercredi, ont réaffirmé leur «engagement» à demeurer en Afghanistan pour y priver les insurgés de toute base ou refuge.

«We are the good guys» - «nous sommes les gentils» - a martelé devant la presse M. Mattis, dont c'était la première visite depuis l'annonce en août de renforts américains, visite saluée par des tirs de roquettes des talibans.

Au moins deux salves de roquettes tirées par les talibans contre l'aéroport de Kaboul ont atteint un quartier résidentiel adjacent, tuant une femme et blessant onze civils en plus de quatre insurgés tués par les forces afghanes, selon un dernier bilan du ministère de l'Intérieur.

Les talibans ont revendiqué l'opération affirmant qu'elle «visait l'avion» de M. Mattis.

Aux termes de la «nouvelle stratégie» annoncée par le président Donald Trump, trois mille Américains sont attendus en renfort des 11 000 déjà présents en Afghanistan, théâtre depuis octobre 2001 de la plus longue guerre américaine.

Ces renforts, dont certains sont déjà en route, vont «nous donner un sérieux avantage sur tout ce que les talibans pourront tenter contre vos forces», a estimé M. Mattis devant le président Ashraf Ghani: «Nous n'allons pas abandonner l'Afghanistan à un ennemi sans merci».

Pour le chef du Pentagone, surnommé «Mad Dog» pour ses exploits militaires passés, tirer des roquettes sur l'aéroport, «comme sur n'importe quel aéroport international, est un crime contre des innocents: c'est une déclaration d'intention des talibans sur ce qu'ils sont, ça témoigne de leur approche».

«En fait, c'est ce qu'ils ont toujours fait, mais ils vont trouver les forces afghanes face à eux», a-t-il prévenu.

Pas question de laisser «les talibans, le groupe État islamique et le réseau Haqqani» (puissant réseau insurgé installé à la frontière avec le Pakistan) se renforcer dans le pays, a-t-il lancé.

Plus de 15 pays

«Plus l'Afghanistan reste stable, plus nous sommes en sécurité» a également affirmé M. Stoltenberg.

Plus de quinze pays membres de l'OTAN ont déjà donné leur accord pour l'envoi de troupes supplémentaires»: «L'OTAN ne part pas quand ça se gâte. Nous tenons nos promesses» a-t-il insisté sur Twitter.

Les États-Unis ont appelé l'OTAN à augmenter les forces de l'opération Resolute Support - 5000 hommes actuellement - et le président Ghani a réitéré ce voeu mercredi: «Maintenant que le général Mattis a décidé d'envoyer plus d'hommes, j'espère que les autres membres de l'OTAN en feront autant», a-t-il glissé.

Mi-septembre, les chefs d'état-major des 29 membres de l'Alliance Atlantique ont «reconnu la nécessité de répondre» à cette requête, se donnant toutefois jusqu'en octobre pour annoncer leur décision.

Selon le général américain John Nicholson, patron de l'opération Résolute Support, la nouvelle donne annoncée par les États-Unis a déjà contribué à relever le moral de la troupe afghane et altère celui des talibans.

«Sur le champ de bataille, le moral des talibans est à la baisse, leurs pertes restent très élevées» a-t-il confié aux journalistes. «Donc ça a certainement eu un effet».

M. Mattis, qui effectue sa deuxième visite à Kaboul depuis avril, était arrivé mercredi matin en provenance d'Inde, au beau milieu de l'escalade politico-militaire avec la Corée du Nord.

Il a également commenté les allégations selon lesquelles la Russie et l'Iran distribueraient des armes aux talibans pour contrer l'EI - accusations émanant notamment des autorités afghanes.

«Ces deux pays ayant eux-mêmes souffert du terrorisme seraient extrêmement mal avisés de soutenir le terrorisme chez les autres en espérant y échapper», a-t-il estimé.

Après avoir longuement hésité, le président Donald Trump a dévoilé fin août sa «nouvelle stratégie» pour soutenir le régime de Kaboul face aux insurgés islamistes, estimant qu'un retrait créerait un «vide» qui profiterait aux «terroristes».

Les forces afghanes, qui subissent des pertes considérables - plus de 7000 morts et 12 000 blessés en 2016 - reculent de fait face aux insurgés et leur ont abandonné plus d'un tiers du territoire.

L'opération RS est principalement chargée de former et d'encadrer ces forces, tandis que les États-Unis mènent, parallèlement, des opérations antiterroristes notamment en conduisant des raids aériens.

Récemment, l'armée américaine a reconnu compter 11 000 hommes sur le terrain et non 8400 comme annoncé officiellement.

Dimanche, le porte-parole du ministère de la Défense, le général Dawlat Waziri, a annoncé que plus de 20 000 opérations militaires avaient été conduites contre les insurgés sur les six premiers mois de l'année.




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