Jérusalem: réunion d'urgence du Conseil de sécurité lundi

De jeunes Palestiniens se sauvent alors qu'un bulldozer... (PHOTO ABBAS MOMANI, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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De jeunes Palestiniens se sauvent alors qu'un bulldozer de l'armée israélienne fonce sur eux lors d'affrontements dans le village de Kubar, à l'ouest de Ramallah, le 22 juillet.

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Mike Smith
Agence France-Presse
NATIONS UNIES, JÉRUSALEM

Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies se tiendra lundi sur les violences à Jérusalem, à la demande de la France, de la Suède et de l'Égypte, ont indiqué samedi des diplomates.

Cette réunion doit permettre de «parler urgemment de la façon dont les appels à la désescalade peuvent être soutenus», a indiqué l'ambassadeur suédois à l'ONU Carl Skau.

Les violences meurtrières ont éclaté après l'imposition de nouvelles mesures de sécurité à l'entrée de l'esplanade des Mosquées, par les autorités israéliennes.

Quelques incidents ont eu lieu samedi à Jérusalem-Est annexé et en Cisjordanie occupée, au lendemain d'une journée de violences meurtrières provoquées par l'installation par Israël de détecteurs de métaux à l'entrée de l'esplanade des Mosquées.

Deux Palestiniens ont perdu la vie samedi lors d'affrontements avec les forces de l'ordre israéliennes en Cisjordanie occupée, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.

Un Palestinien de 17 ans, grièvement blessé par balles dans des heurts à El-Azariyé, à l'est (BIEN: est) de Jérusalem, a ensuite succombé à ses blessures.

Non loin, à Abou Dis, un autre Palestinien, âgé lui de 18 ans, est mort lorsque le cocktail Molotov qu'il voulait lancer sur les forces israéliennes a explosé sur lui.

Trois Palestiniens sont morts vendredi dans des affrontements avec les forces de sécurité israéliennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et trois Israéliens ont été tués à coups de couteau à leur domicile dans la colonie de Neve Tsuf, près de Ramallah.

L'armée israélienne a mené un raid dans la nuit de vendredi à samedi dans la maison du Palestinien auteur de l'attaque, dans le village de Kobar, voisin de la colonie.

Son frère a été arrêté, les mesures de la maison prises en vue de sa destruction et des armes ont été confisquées, a indiqué une porte-parole militaire.

Selon elle, l'assaillant, âgé de 19 ans et blessé par balles lors de l'attaque, était un sympathisant du mouvement islamiste Hamas.

L'armée a fermé samedi les accès à son village, sauf pour les cas humanitaires, a ajouté la porte-parole.

Une cinquantaine d'habitants de la localité ont jeté des pierres sur les soldats, a-t-elle précisé.

À Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville dont l'annexion par Israël n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, la vieille ville et les alentours de l'esplanade des Mosquées étaient toujours placés samedi sous forte présence policière.

Plusieurs dizaines de Palestiniens, tête cagoulée, ont lancé des pierres et des pneus enflammés sur les forces de l'ordre israéliennes en fin d'après-midi dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est et des villages palestiniens de Cisjordanie limitrophes de la ville sainte, a indiqué une porte-parole de la police.

Les forces de l'ordre ont utilisé des moyens anti-émeutes pour les disperser, a-t-elle dit.

Le Croissant-Rouge palestinien n'était pas en mesure dans l'immédiat de donner des détails sur d'éventuelles victimes.

Contacts « gelés »

Depuis la réouverture de l'esplanade des Mosquées le 16 juillet, deux jours après une attaque meurtrière contre des policiers israéliens, et l'installation de détecteurs de métaux aux entrées du troisième lieu saint de l'islam, les tensions sont allées crescendo durant la semaine, culminant vendredi par des affrontements meurtriers à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a condamné dans un communiqué ce qu'il a qualifié de recours « excessif » à la force « contre nos frères qui s'étaient rassemblés pour la prière du vendredi ».

Israël a justifié l'installation de portiques de sécurité aux accès de l'esplanade des Mosquées en disant que les armes avec lesquelles les assaillants ont tué deux policiers israéliens le 14 juillet avaient été cachées dans ce site ultra-sensible de la vieille ville.

Vendredi soir, le président palestinien Mahmoud Abbas a dit que les contacts avec Israël seraient « gelés » tant que ces mesures ne seraient pas annulées.

Les nouvelles mesures de sécurité ont ravivé les craintes des Palestiniens de voir Israël prendre le contrôle exclusif de l'esplanade des Mosquées, dont Israël contrôle les accès mais dont la gestion revient à la Jordanie.

Les autorités israéliennes assurent néanmoins ne pas avoir l'intention de modifier les règles tacites du statu quo, aux termes duquel les musulmans peuvent monter à toute heure sur le site et les juifs y pénétrer à certaines heures, sans pouvoir y prier.

L'esplanade des Mosquées est appelée mont du Temple par les juifs, dont c'est le premier lieu saint. Elle est bâtie sur le site du Temple juif détruit par les Romains et dont l'unique vestige, le mur des Lamentations, est situé en contrebas.

« Éléments religieux »

Ce nouvel accès de fièvre fait craindre une reprise de la vague de violences qui secoue Israël et les Territoires palestiniens depuis octobre 2015 et qui a coûté la vie à 287 Palestiniens, 47 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Érythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l'AFP.

Cette vague de violences, qui avait commencé peu après plusieurs jours d'affrontements en septembre 2015 autour de l'esplanade des Mosquées, avait considérablement diminué ces derniers mois mais pourrait trouver un nouveau souffle, estiment des analystes.

« Pendant l'année écoulée, les forces de sécurité (israéliennes) ont réussi, au prix d'un gros effort, à faire rentrer le génie dans la bouteille [...] mais ce qui a été difficilement construit en un an peut être facilement détruit en une semaine, en particulier lorsque des éléments religieux s'ajoutent au tableau », écrit ainsi le correspondant militaire de Haaretz, Amos Harel.

Pour Ofer Zalzberg, analyste pour l'International Crisis Group, l'« erreur de [Benyamin] Nétanyahou [le premier ministre israélien, NDLR] a été d'installer des détecteurs de métaux sans recourir à un interlocuteur musulman ».

« C'est le caractère coercitif [de la mesure] plus que la mesure de sécurité en elle-même qui l'a rendue inacceptable pour les Palestiniens », a-t-il ajouté.




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