Les forces irakiennes progressent à Mossoul

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La bataille de Mossoul a déplacé des centaines de milliers d'habitants et provoqué la mort de très nombreux civils.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Simon VALMARY, Salam FARA
Agence France-Presse
Mossoul et Bagdad

Les forces irakiennes continuaient lundi de progresser dans l'ouest de Mossoul, dernier grand fief du groupe État islamique (EI) en Irak, où quelque 200 000 civils piégés sont en grand danger selon l'ONU.

L'aviation irakienne a de nouveau largué des tracts exhortant les habitants à fuir les zones de combat et les quartiers aux mains des djihadistes, mais l'ONU s'inquiète de l'impact humanitaire d'un nouvel exode massif dans les prochains jours.

«Les civils sont probablement bien plus en danger aujourd'hui, dans les toutes dernières étapes (des opérations militaires), qu'à aucun autre moment de la campagne de Mossoul», a affirmé à l'AFP la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak, Lise Grande.

Selon le porte-parole du Commandement conjoint des opérations (JOC), Yahya Rassoul, les forces irakiennes «sont entrées dans les quartiers d'al-Saha al-Oula, d'al-Zinjili et d'al-Shifaa, ainsi que dans l'Hôpital républicain».

Ces quartiers sont situés au nord de la vieille ville de Mossoul, en grande partie contrôlée par l'EI.

Pour la deuxième fois en une semaine, l'aviation irakienne a largué «des milliers de tracts» sur ces quartiers et sur la vieille ville, un entrelacs de ruelles étroites très peuplées, propices à la guérilla urbaine et difficiles d'accès pour les blindés irakiens.

Appuyées par une coalition internationale conduite par les États-Unis, les forces irakiennes mènent depuis mi-octobre une vaste offensive pour reconquérir Mossoul, prise par l'EI en juin 2014 et où son chef Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé un «califat».

Après la prise fin janvier de l'est de la ville, elles se sont lancées en février à l'assaut de sa partie occidentale et resserrent maintenant l'étau sur la vieille ville, dont la reprise s'avère particulièrement ardue.

L'accès à «la vieille ville est entièrement bloqué par le sud et nos troupes sont maintenant présentes au nord et à l'ouest», a précisé le porte-parole du JOC. La partie orientale est bordée par le fleuve Tigre.

«Importantes pénuries»

L'appel à fuir adressé aux civils est en contradiction avec les recommandations adoptées jusque-là par l'armée, qui les enjoignaient plutôt à rester chez eux durant les combats, notamment pour réduire le nombre de déplacés et éviter des destructions de grande ampleur.

M. Rassoul a justifié ce changement par la forte densité de population dans les «zones anciennes» de Mossoul-Ouest, en référence à la vieille ville.

Selon Lise Grande, entre 180 000 et 200 000 civils sont présents dans les zones tenues par les djihadistes, la majorité dans la vieille ville.

«Ces dernières semaines, 160 000 civils ont fui (Mossoul-Ouest) et nous nous attendons à en voir fuir un nombre égal dans les prochains jours à cause de l'injonction (du gouvernement à fuir)», a dit la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.

Depuis le début de l'opération sur Mossoul, 760 000 civils ont quitté leur domicile, dont environ 150 000 sont déjà retournés chez eux, selon Mme Grande.

D'après l'ONU, les conditions de vie dans la partie de Mossoul tenue par les djihadistes sont de plus en plus difficiles.

«On sait que les médicaments sont très rares, qu'il y a d'importantes pénuries d'eau potable et que les stocks de nourriture sont en quantité très limitée. On sait aussi que les familles qui tentent de fuir sont souvent prises pour cible par des tireurs embusqués», a expliqué Mme Grande.

«Vous avez une zone fermée (NDLR la vieille ville) qui n'a plus été ravitaillée depuis des mois, dans laquelle les civils sont piégés et (où) les combattants sont déterminés à tenir jusqu'au bout. Vous additionnez tout ça, et vous avez une situation vraiment désespérée».

Revers majeur

La bataille de Mossoul a aussi provoqué la mort de très nombreux civils.

Les États-Unis ont reconnu jeudi la pire bavure depuis le début en 2014 de leur campagne anti-EI, avec 105 civils tués à Mossoul dans un bombardement le 17 mars.

L'enquête militaire américaine a toutefois attribué ce bilan à l'EI, qui avait piégé à l'explosif le lieu ciblé. Une «explosion secondaire» a fait s'effondrer tout le bâtiment, selon le rapport d'enquête.

Le ministère de l'Intérieur irakien a également annoncé enquêter sur des accusations de torture, d'exécutions sommaires et de viols menés par certains soldats de sa «Force d'intervention rapide» contre des prisonniers.

La chute de Mossoul, même si elle constituerait un revers majeur pour l'EI, ne mettrait pas fin pour autant à la guerre contre l'organisation extrémiste.

Les djihadistes détiennent encore des territoires dans trois provinces irakiennes et continuent de mener régulièrement des attaques dans les zones gouvernementales.




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