Trump, premier président américain au mur des Lamentations

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Donald Trump s'est recueilli lundi au mur des Lamentations.

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Joseph DYKE
Agence France-Presse
Jérusalem

Donald Trump s'est recueilli lundi devant le mur des Lamentations à Jérusalem, une expérience inoubliable selon lui qui fait de lui le premier président américain en exercice à se rendre sur ce haut lieu du judaïsme.

Kippa noire sur la tête, M. Trump s'est figé un moment, la main droite sur le mur, puis a glissé, selon la tradition, un bout de papier dans les interstices entre les pierres antiques érodées par le temps.

Ces papiers contiennent habituellement des prières ou des voeux.

Le 45e président des États-Unis, un protestant, a ensuite écrit quelques mots sur un grand livre disposé sur la vaste place s'étalant devant le mur, généralement grouillante de monde, mais dégagée de tous les fidèles et touristes pour la circonstance.

« Ce fut un grand honneur. Paix », a-t-il écrit.

« J'ai été très ému par ma visite », a-t-il déclaré plus tard au côté du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, « les mots ne sont pas assez forts pour rendre compte de cette expérience. Je me rappellerai à jamais cette impression ».

M. Trump, accompagné par le rabbin du mur Shmuel Rabinovitz, s'est rendu devant le lieu de prière sans dirigeant israélien.

La présence éventuelle d'un dirigeant israélien aurait pu être interprétée comme une reconnaissance de souveraineté israélienne sur les lieux de la part des États-Unis alors que l'administration américaine continue de considérer que le statut diplomatique de Jérusalem reste à négocier.

Melania et Ivanka

Les préparatifs de la visite avaient prêté à controverse en Israël quand l'administration américaine s'était gardée de dire que le mur se trouvait en Israël.

>>> Le blogue de Richard Hétu: La tape de Melania à son mari

Le mur des Lamentations se trouve à Jérusalem-Est, partie palestinienne dont Israël s'est emparé en 1967 et qu'il a annexée en 1980.

C'est le vestige du mur de soutènement du second Temple détruit par les Romains en 70. Le temple se trouvait en surplomb, là où s'étend aujourd'hui l'esplanade des Mosquées, avec le caractéristique dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam.

Les juifs continuent à révérer le promontoire comme le mont du Temple, mais ne sont pas autorisés à y prier.

Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale « indivisible » tandis que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'État auquel ils aspirent.

Pour les Israéliens, la souveraineté sur le mur n'est même pas une question, et la conquête du mur en 1967 lors de la guerre des Six Jours est célébrée comme une libération.

Au mur des Lamentations, la femme et la fille de M. Trump, Melania et Ivanka, qui est aussi sa conseillère à la Maison-Blanche, se sont rendues dans la partie réservée aux femmes.

Après avoir prié, Ivanka Trump, convertie au judaïsme et tout de noir vêtue, a essuyé quelques larmes. Son mari Jared Kushner, dans la délégation, était également sur place.

Hommes et femmes sont tenus de prier séparément au mur selon une interprétation strict des lois du judaïsme.

« Notre croix à nous »

Avant cette visite historique sur le site de prière le plus sacré pour les juifs, M. Trump et sa famille avaient visité le Saint-Sépulcre, lieu le plus saint du christianisme, situé à seulement quelques centaines de mètres à travers les ruelles séculaires de la Vieille ville.

Cette dernière était placée quasiment sous couvre-feu, désorientant les touristes qui n'avaient pas compté sur la présence du président américain.

Des hommes en armes étaient positionnés sur quasiment tous les toits autour du mur des Lamentations et tout le long des murailles de la Vieille ville.

Un groupe de chrétiens mexicains venus voir le Saint-Sépulcre devait ainsi demander aux policiers déployés en masse comment sortir de la Vieille ville après avoir dû renoncer à visiter le site où le Christ a été crucifié selon la tradition.

Mauricio Guerra s'est dit « très déçu », cette journée étant la seule qu'ils devaient passer à Jérusalem.

« Nous autres Mexicains avons déjà Trump comme voisin, et il faut encore qu'il nous suive ici », a-t-il plaisanté auprès de l'AFP. « Notre croix à nous, c'est lui », a-t-il ajouté en étendant les bras.




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