Abbas prêt à rencontrer Néthanyahou sous le parrainage de Trump

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Mahmoud Abbas

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Sarah Benhaida
Agence France-Presse
Ramallah

Le président palestinien Mahmoud Abbas a dit attendre «bientôt» la visite de Donald Trump dans les Territoires palestiniens et s'est déclaré prêt à rencontrer le premier ministre israélien Benyamin Néthanyahou sous le parrainage du président américain.

M. Trump a accepté l'invitation palestinienne à venir dans les Territoires, «et nous attendons maintenant sa visite bientôt à Bethléem», ville au sud de Jérusalem, a dit M. Abbas mardi.

Le président des États-Unis avait annoncé jeudi qu'il se rendrait fin mai en Israël dans le cadre d'une tournée le conduisant aussi en Arabie Saoudite, au Vatican, à Bruxelles et en Italie, mais il n'avait pas évoqué explicitement une visite dans les Territoires palestiniens, voisins d'Israël.

Lors des entretiens avec M. Trump la semaine passée à Washington, «nous lui avons dit que nous étions prêts à collaborer avec lui et à rencontrer le premier ministre israélien sous son parrainage pour construire la paix», a ajouté M. Abbas dans des déclarations à Ramallah (Cisjordanie occupée par Israël) aux côtés du président allemand Frank-Walter Steinmeier.

MM. Abbas et Néthanyahou n'ont pas eu d'entretien direct substantiel depuis 2010, alors que l'effort pour résoudre l'un des plus vieux conflits de la planète est enlisé depuis avril 2014 et l'échec d'une initiative diplomatique américaine.

M. Trump, se targuant de son passé d'homme d'affaires, a dit à plusieurs reprises sa volonté de présider à un accord de paix sur lequel ses prédécesseurs à la Maison-Blanche se sont cassé les dents.

Alors que l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est marque en 2017 son 50e anniversaire, les experts s'accordent pour dire qu'Israéliens et Palestiniens n'ont jamais été aussi loin de faire la paix.

Les deux bords s'accusent mutuellement de cette absence de dialogue.

Urgence

Lors de sa visite à Washington, M. Abbas a dit à M. Trump l'engagement palestinien «en faveur d'une paix basée sur la justice et ayant pour références les résolutions internationales et la solution à deux Etats», c'est-à-dire la création d'un État palestinien coexistant en paix avec Israël, a rapporté le président palestinien mardi.

Cet État doit être un État «souverain dans les frontières de 1967 et ayant pour capitale Jérusalem-Est», a répété M. Abbas.

L'administration Trump en place depuis janvier a multiplié les contacts pour ranimer l'entreprise de paix moribonde.

«Nous y arriverons!», avait ainsi proclamé le président américain lors de la visite de M. Abbas la semaine passée, «honnêtement, c'est peut-être moins difficile que ce que les gens pensent depuis des années».

Se proposant d'être un «médiateur», un «arbitre» ou un «facilitateur», il lui reste cependant à clarifier comment il compte s'y prendre.

En recevant mi-février son «ami» Néthanyahou, M. Trump avait semé le trouble en affirmant que la «solution à deux États» n'était pas la seule possible, rompant avec un principe de référence défendu depuis des années par la communauté internationale et tous les présidents américains, démocrates comme républicains.

En visite dans les Territoires palestiniens occupés, après un voyage en Israël, le président allemand a rappelé son attachement à la solution à deux États.

«De notre point de vue, il n'y a pas d'autre solution négociable», a-t-il insisté en soulignant qu'«il devient urgent de mettre en oeuvre les propositions en vue» de concrétiser cette option.

«L'urgence de la situation, le temps qui passe et les changements observés sur le terrain rendent impératif que la prochaine tentative réussisse», a-t-il plaidé.




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