Trump espère relancer les efforts de paix entre Israël et la Palestine

Le président palestinien Mahmoud Abbas.... (AP)

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Le président palestinien Mahmoud Abbas.

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Deux mois et demi après avoir reçu son «ami» Benyamin Néthanyahou, Donald Trump accueille mercredi à la Maison-Blanche le président palestinien Mahmoud Abbas, avec l'espoir - ténu à ce stade - de relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

M. Abbas, qui a rencontré à Ramallah plusieurs responsables américains, dont Mike Pompeo, le chef de la CIA, et Jason Greenblatt, représentant spécial du président républicain, a récemment jugé que la nouvelle administration américaine était «sérieuse» dans sa volonté de trouver une «solution à la question palestinienne».

Une déclaration commune des deux hommes - mais pas de conférence de presse - est prévue en milieu de journée.

«Le simple fait que cette rencontre ait lieu est l'un des nombreux signaux qui démontrent que l'approche de Trump face au conflit israélo-palestinien est plus conventionnelle que ce à quoi tout le monde s'attendait», souligne Ilan Goldenberg, expert du Center for a New American Security.

Comme sur nombre de grands dossiers diplomatiques, le magnat de l'immobilier a, de fait, considérablement évolué par rapport à ses promesses de campagne.

S'il a pris ses distances avec la solution à deux États, référence de la communauté internationale depuis des décennies, il a aussi appelé, devant le premier ministre israélien Benyamin Néthanyahou, à la «retenue» sur l'expansion des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés.

Le magnat de l'immobilier a également, pour l'heure, mis en sourdine sa promesse de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y installer l'ambassade américaine, une décision qui aurait provoqué à coup sûr la colère des Palestiniens.

Mardi, pourtant, le vice-président Mike Pence a laissé entendre que cette hypothèse pourrait revenir sur le devant de la scène. «Au moment où nous parlons, (le président) se penche avec attention sur un déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem», a-t-il lancé, sans autres précisions, à l'occasion d'une cérémonie pour marquer la journée de l'Indépendance.

Depuis le Qatar, où il vit, le chef du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, a estimé que Donald Trump avait «une occasion historique» de «mettre la pression sur Israël (...) pour trouver une solution équitable pour le peuple palestinien».

«Persévérance et patience»

«Ma demande à l'administration Trump est de rompre avec les approches erronées du passé (...) et peut-être de saisir l'opportunité que représente le document du Hamas», a-t-il déclaré sur CNN, en référence à la nouvelle plateforme présentée lundi par son mouvement visant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur.

Le gouvernement de Benyamin Néthanyahou a déjà estimé que ce texte ne changeait rien, estimant que le Hamas essayait «de duper tout le monde».

Nombre d'analystes mettent en garde contre la tentation d'attentes démesurées autour de ce premier face-à-face dans le Bureau ovale entre Donald Trump et Mahmoud Abbas, dont la position dans les Territoires palestiniens est délicate, Gaza étant tenue depuis 10 ans sans partage par le Hamas islamiste.

Pour Ilan Goldenberg, l'administration Trump «devrait se concentrer sur des petits pas visant à améliorer la situation sur le terrain, préserver la possibilité d'une solution à deux États pour plus tard et préparer le terrain pour des négociations à l'avenir».

«Il n'y a aucune raison qu'il n'y ait pas de paix entre Israël et les Palestiniens, pas la moindre raison», affirmait la semaine dernière à l'agence Reuters Donald Trump, dont la stratégie sur ce dossier reste entourée d'un épais mystère.

Pourtant, la tâche reste herculéenne, tant les positions sont éloignées et le degré de défiance élevé.

Et le 45e président des États-Unis sait que ses prédécesseurs ont échoué, Barack Obama en tête, qui promettait à l'aube de sa présidence d'oeuvrer «avec pugnacité» à une paix durable entre Israël et les Palestiniens.

«Contrairement à une transaction immobilière, (Donald Trump) ne pourra simplement se retirer quand les choses tourneront mal, or cela arrivera», souligne Aaron David Miller, spécialiste du Proche-Orient au sein du Wilson Center, dans une tribune publiée sur CNN.com.

«Trump devra faire preuve de persévérance et de patience. Et même s'il le fait, il n'y a pas l'ombre d'un élément permettant d'affirmer que Abbas ou Netanyahu soient prêts à prendre des décisions fortes sur les sujets centraux».




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