Les dirigeants arabes rejettent les ingérences étrangères

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Les chefs de la diplomatie arabes avaient clairement, dans un projet de résolution, mentionné «l'ingérence de l'Iran» en appelant ce pays «à cesser ses activités provocatrices».

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Mussa HATTAR
Agence France-Presse
Sweimeh

Les dirigeants arabes, réunis en Jordanie, ont rejeté mercredi les ingérences étrangères dans leurs affaires, en allusion à l'Iran, et appelé au règlement des conflits qui déchirent la région.

Dans un communiqué final publié à l'issue de leur sommet annuel d'un jour à Sweimeh sur la mer Morte, ils ont aussi appelé à une relance «de négociations de paix sérieuses et productives entre Israéliens et Palestiniens», en renouvelant leur attachement à la solution de deux États, israélien et palestinien.

Comme lors de sommets précédents, les dirigeants arabes ont critiqué, cette fois sans le nommer, l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie saoudite sunnite.

«Nous refusons toute ingérence dans les affaires internes arabes et toutes les tentatives visant à ébranler la sécurité, semer la dissension confessionnelle et attiser les conflits (...), en violation des relations de bon voisinage et des règlements internationaux», ont-ils affirmé dans leur déclaration finale.

Lundi, les chefs de la diplomatie arabes avaient clairement, dans un projet de résolution, mentionné «l'ingérence de l'Iran» en appelant ce pays «à cesser ses activités provocatrices». Mais le communiqué du sommet n'a pas nommément mentionné l'Iran.

L'Iran combat au côté du régime de Bachar al-Assad en Syrie, alors que Ryad et d'autres pays arabes soutiennent l'opposition. Téhéran est également accusé de soutenir les rebelles chiites Houthis au Yémen que le pouvoir, aidé de l'allié saoudien, combat depuis 2015.

«Pas différent» 

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a lui jugé «regrettable» que «certaines puissances profitent de la situation pour renforcer leur influence et étendre leur contrôle dans les pays arabes, sur les plans politique, militaire ou sécuritaire». Il a aussi rejeté «toute tentative de domination confessionnelle ou territoriale».

Sur le conflit qui ravage la Syrie depuis six ans, le communiqué final met l'accent sur la nécessité de «redoubler d'efforts pour trouver une solution pacifique qui préserve l'unité du pays, sa souveraineté et son indépendance et mette fin à la présence de groupes terroristes».

Le Conseil ministériel de la Ligue arabe a été par ailleurs chargé de «trouver un mécanisme permettant d'aider les pays arabes qui accueillent des millions de réfugiés syriens», à l'instar du Liban et de la Jordanie, selon le communiqué.

Entré dans sa 7e année, le conflit syrien s'est complexifié avec l'entrée en jeu de multiples acteurs locaux, régionaux et internationaux: la Russie, alliée de M. Assad, l'Iran, la Turquie, appui des rebelles, ainsi que les États-Unis et d'autres pays interviennent dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe État islamique (EI).

Les recommandations arabes sont pratiquement les mêmes que celles adoptées lors des précédentes réunions et aucune annonce surprise n'était attendue de ce sommet.

«Ce sommet ne sera pas différent des précédents. L'ordre (politique) dans le monde arabe est faible, divisé et souffre de dysfonctionnements depuis de longues années», a déclaré à l'AFP Oraib Rantawi, directeur du Centre Al-Quds pour les études politiques.

Surmonter les divisions

Présent à Sweimeh, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a estimé que les «divisions» au sein du monde arabe avaient «ouvert la voie aux interventions étrangères, à l'instabilité, aux conflits confessionnels et au terrorisme».

Concernant la menace jihadiste, M. Sissi a affirmé que le «terrorisme» avait profité de «l'affaiblissement des pays arabes, des conflits confessionnels et de l'accroissement des interventions étrangères».

Pour sa part, le roi Abdallah II de Jordanie a exhorté «les pays arabes et musulmans à unifier leurs efforts pour combattre le terrorisme et l'extrémisme». Mais là aussi, sans avancer des mesures concrètes.

Concernant l'insoluble conflit israélo-palestinien, le président palestinien Mahmoud Abbas qui doit rencontrer le président américain Donald Trump en avril à Washington avec le soutien arabe pour la solution à deux États, alors que M. Trump a semblé rompre avec cette solution.

Le prochain sommet arabe doit se tenir en mars 2018 en Arabie saoudite, selon le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir cité par l'agence Pétra.




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