Un émissaire de Trump explore le terrain israélo-palestinien

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Jason Greenblatt a rencontré Mahmoud Abbas mardi à Ramallah.

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Sarah BENHAIDA
Agence France-Presse
RAMALLAH

Le président palestinien Mahmoud Abbas a réitéré son attachement à la solution à deux États devant le représentant du président américain Donald Trump, qui effectue ses premiers pas sur le terrain du conflit israélo-palestinien.

Cet entretien à Ramallah, en Cisjordanie occupée, avec Jason Greenblatt, représentant spécial en charge des négociations internationales, est le premier face-à-face entre M. Abbas et un représentant de la nouvelle administration américaine.

M. Greenblatt, qui s'est entretenu la veille pendant plus de cinq heures avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, explorer prudemment les possibilités de ranimer le processus de paix moribond entre les deux protagonistes.

Selon des sources diplomatiques américaines, M. Abbas a réaffirmé devant son interlocuteur que la solution à deux États continuait d'être «le choix stratégique des Palestiniens» tout en s'engageant à «empêcher la rhétorique enflammée et l'incitation» à la violence, et à «créer un atmosphère propice à la paix».

Mais M. Greenblatt s'est gardé d'évoquer cette solution, ont précisé les mêmes sources.

En février, M. Trump a semblé prendre ses distances vis-à-vis de la solution à deux États, israélien et palestinien, coexistant en paix, qui reste la solution de référence de l'essentiel de la communauté internationale.

M. Greenblatt a répété l'engagement de M. Trump à assurer la sécurité d'Israël et la volonté du président américain «d'aider Israéliens et Palestiniens à parvenir à une paix durable».

Cela ne sera possible qu'à travers des «négociations directes», a ajouté M. Greenblatt, soulignant implicitement l'opposition de M. Trump à toute solution imposée par la communauté internationale. 

Craintes palestiniennes 

M. Greenblatt, avocat pendant deux décennies au sein du groupe Trump, a dans ses attributions les accords commerciaux en tous genres, et l'insoluble conflit israélo-palestinien.

Avec lui, M. Trump a choisi, selon ses propres mots, l'un de ses conseillers «les plus proches», capable de «forger des consensus sur des dossiers difficiles et sensibles».

Mais l'horizon a rarement paru plus sombre. L'effort de paix est moribond depuis l'échec de la dernière initiative américaine en 2014. MM. Abbas et Nétanyahou n'ont plus eu de rencontre publique substantielle depuis 2010.

Vendredi dernier, M. Abbas a eu son premier entretien téléphonique avec M. Trump qui a pris ses fonctions en janvier. Le président palestinien lui a aussi réaffirmé son attachement à la solution à deux États.

M. Trump a alarmé la direction palestinienne par ses déclarations très pro-israéliennes pendant sa campagne électorale, la promesse de déménager l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem et la nomination d'un supporteur de la colonisation comme futur ambassadeur.

La Maison Blanche a aussi mis du temps à réfréner les ardeurs israéliennes quand M. Nétanyahou a annoncé plus de 5000 logements de colonisation en Cisjordanie dans la foulée de l'investiture de M. Trump. Ce dernier a fini par appeler M. Netanyahu à faire «preuve de retenue pour quelque temps». 

«Voyage d'orientation»

Seuls 9% des Palestiniens pensent que la présidence de M. Trump conduira à un renouveau de l'entreprise de paix, selon un sondage du Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR).

Cinquante ans après l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, 60% des Palestiniens estiment  que la solution à deux États n'est plus viable par la faute de la colonisation.

Le gouvernement Nétanyahou, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, fait la part belle aux avocats de la colonisation, c'est-à-dire la construction d'habitations civiles israéliennes en territoires palestiniens occupés. Certains de ses membres prônent ouvertement l'annexion de la Cisjordanie.

Après sa rencontre avec M. Trump en février à Washington, M. Nétanyahou avait indiqué avoir convenu avec l'administration américaine de mettre en place un mécanisme commun pour que la colonisation cesse d'être une pomme de discorde, comme ce fut le cas sous l'administration Obama.

M. Greenblatt est chargé côté américain de la mise en place de ce mécanisme, mais Washington a prévenu qu'il ne fallait pas attendre de résultat spectaculaire de sa mission.




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