Israël en voie d'interdire les appels à la prière

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Le projet de loi ne s'appliquerait cependant pas à la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam et objet de tensions.

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Agence France-Presse
Jérusalem

Le gouvernement israélien a adopté dimanche un projet de loi controversé qui reviendrait à interdire aux mosquées d'employer des haut-parleurs pour l'appel à la prière tôt le matin et tard le soir.

Des informations publiées par le ministère de la Justice indiquent qu'une liste de textes soumis au vote dimanche au sein du comité ministériel de législation signale le «projet de loi sur la prévention du bruit des systèmes de sonorisation dans les établissements religieux» comme étant «adoptée», sans plus de détails.

L'approbation par le comité, présidé par le ministre de la Justice Ayelet Shaked, membre du parti d'extrême droite Foyer juif, ouvre la voie à l'examen du texte au Parlement.

Le texte concerne théoriquement tous les lieux de culte, mais il a suscité l'indignation parmi les musulmans, alors que l'appel à la prière (adhan, en arabe) est récité par le muezzin cinq fois par jour généralement via un système de sonorisation puissant installé sur les minarets.

Une précédente version du projet a été rejetée à l'initiative d'un ministre juif ultra-orthodoxe, qui craignait que le texte ne limite aussi le volume des sirènes annonçant le début du shabbat, le repos hebdomadaire.

Le nouveau projet interdit l'usage des haut-parleurs de 23h00 à 07h00.

«Cette loi ne porte ni sur le bruit ni sur la qualité de vie. Il s'agit d'une incitation raciste contre une minorité nationale», a dénoncé dans un communiqué le député arabe israélien Ayman Odeh, chef de file de la Liste unie.

«La voix du muezzin résonnait bien avant les racistes du gouvernement (du premier ministre Benyamin) Nétanyahou et elle résonnera encore après eux», a-t-il ajouté.

Le président israélien Reuven Rivlin s'était prononcé contre le projet, qui a provoqué une onde de critiques et de manifestations dans l'ensemble du monde arabe.

Le texte s'appliquerait également à Jérusalem-Est, partie de la ville occupée et annexée par Israël où vivent plus de 300 000 Palestiniens, mais pas à la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l'islam et objet de tensions, selon un responsables israélien.

La minorité arabe, qui représente 17,5% de la population israélienne, est de confession musulmane dans son immense majorité et s'estime déjà largement victime de discriminations.

Le député Moti Yogev, promoteur du texte, assure que le volume de l'adhan dérange des centaines de milliers de personnes.




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