L'UE met en garde contre un transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem

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Agence France-Presse
Bruxelles

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a mis en garde lundi contre toute «action unilatérale» en référence à la promesse très controversée de Donald Trump de transférer l'ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

«Je crois qu'il est très important pour nous tous de nous abstenir d'actions unitérales, en particulier celles qui ont des conséquences graves sur de larges secteurs de l'opinion publique dans une bonne partie du monde», a averti Mme Mogherini lors d'une conféfence de presse à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles.

Le président élu américain, qui prendra ses fonctions vendredi, a promis pendant sa campagne électorale de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël et de déplacer l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

Il romprait ainsi avec la politique de la majorité de la communauté internationale - y compris des États-Unis -, selon laquelle le statut de Jérusalem, dont la partie orientale est revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur État, doit se régler par la négociation.

«je suis inquiète des réactions que pourraient avoir de larges parts de l'opinion publique, dans le monde arabe mais aussi en Afrique, en Asie et en partie en Europe, à une initiative qui n'est pas en accord avec le consensus international», a insisté Mme Mogherini, interrogée sur le projet de M. Trump.

Elle s'exprimait au lendemain de l'«utile»conférence de Paris, au cours de laquelle quelque 70 pays ont solennellement réitéré  leur engagement en faveur de la solution à deux États, israélien et palestinien côte à côte, et averti qu'ils ne reconnaîtraient pas d'actions unilatérales qui menaceraient une solution négociée, en particulier sur la question des frontières ou le statut de Jérusalem, occupée depuis 1967 puis annexée par Israël.

Mme Mogherini a par ailleurs assuré que les ministres des Affaires étrangères avaient affiché leur «profonde unité» au cours de la réunion, en démentant que le Royaume-Uni ait bloqué une déclaration écrite commune sur la conférence de Paris.

«Cela ne correspond pas à ce qui s'est passé dans la salle (de réunion). L'échange que nous avons eu sur cette question était informel», a-t-elle argué.

Londres, «très réservée» sur la conférence de Paris - à laquelle ne participaient ni Israéliens, ni Palestiniens - n'avait pas signé dimanche le communiqué final.

«Nous avons des réserves particulières sur une conférence internationale censée faire avancer la paix entre deux parties sans que ces dernières soient présentes, une conférence qui se tient en fait contre la volonté des Israéliens», avait précisé un communiqué du Foreign Office.

Israël avait qualifié la conférence de Paris d'«imposture» et de «futile» tandis que les Palestiniens se sont publiquement félicités de ses conclusions.




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