Yémen: les États-Unis et l'ONU demandent un cessez-le-feu

Un soldat loyal aux forces gouvernementales yéménites.... (PHOTO SALEH AL-OBEIDI, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Un soldat loyal aux forces gouvernementales yéménites.

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Dave Clark
Agence France-Presse
Londres

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'ONU ont appelé les belligérants au Yémen à décréter un cessez-le-feu au plus vite pour mettre fin à ce conflit meurtrier, dimanche à Londres.

«Nous sommes ici pour demander un arrêt immédiat des hostilités», a déclaré l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed à l'issue d'une réunion consacré à ce conflit qui a fait près de 6900 morts depuis mars 2015 selon l'ONU.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a participé à la rencontre ainsi que les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, d'Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis.

M. Cheikh Ahmed a ajouté avoir été en contact avec le chef des négociations des rebelles chiites Houthis et avec le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi et souligné qu'il attendait «des plans plus précis» pour un cessez-le-feu dans les prochains jours.

John Kerry n'a pas voulu présager de la réaction des deux camps, mais a affirmé que les diplomates ne travaillaient pas «dans le vide».

«Le temps est venu d'établir un cessez-le-feu sans condition et ensuite de venir à la table des négociations», a ajouté le chef de la diplomatie américaine, venu à Londres pour s'entretenir des conflits au Yémen et en Syrie avec ses partenaires dans la région et européens.

John Kerry a souligné que lui, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed et Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, ont appelé à ce que le cessez-le-feu entre en vigueur «aussi rapidement que possible, c'est-à-dire lundi ou mardi».

«Nous ne soulignerons jamais assez aujourd'hui l'urgence d'en finir avec la violence au Yémen», a-t-il ajouté.

Signes de désescalade

Boris Johnson a jugé «inacceptable» de compter les victimes sans rien faire. «Il doit y avoir un cessez-le-feu et l'ONU doit ouvrir la voie en appelant à ce cessez-le-feu».

Vendredi, le Royaume-Uni avait annoncé qu'il présenterait un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU «appelant à l'arrêt immédiat des hostilités et à une reprise du processus politique», parallèlement à l'accès à l'aide humanitaire.

Cette offensive diplomatique intervient alors que des signes de désescalade sur le terrain semblent présager d'une reprise des négociations.

«Je suis optimiste pour la simple raison que les parties ne veulent pas poursuivre un conflit qui leur coûte cher» humainement, financièrement et en terme d'image, estime Mustafa Alani, spécialiste des questions de sécurité au Gulf Research Center basé à Genève.

Selon lui, les belligérants subissent «une énorme pression pour trouver une stratégie de sortie», car «ils sont conscients de leur incapacité à atteindre une victoire parfaite» par les armes.

La guerre au Yémen oppose depuis mars 2015 le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par une coalition militaire arabo-sunnite sous commandement saoudien, à des rebelles chiites Houthis pro-iraniens, alliés à des forces fidèles à l'ex-chef d'État Ali Abdallah Saleh.

Les rebelles contrôlent la capitale Sanaa et des régions du Nord - leur berceau historique -, de l'Ouest et du Centre. Les forces pro-Hadi ont reconquis des zones du Sud, mais peinent à progresser en dépit d'une campagne aérienne intensive de la coalition arabe, qui a fait de nombreuses victimes collatérales.

Le 8 octobre, un raid aérien de cette coalition menée par Ryad a fait, selon l'ONU, 140 morts et 525 blessés lors d'une cérémonie funéraire à Sanaa.

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