Adieux à Shimon Peres

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Le cercueil de M. Peres a été mis en terre à la mi-journée au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, à quelques mètres d'un autre Nobel de la paix, Yitzhak Rabin.

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Daphné ROUSSEAU, Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Barack Obama et des dizaines de dirigeants du monde entier ont rendu vendredi à Jérusalem un ultime hommage à l'ancien président israélien Shimon Peres, avec l'espoir que ses rêves de paix avec les Palestiniens ne soient pas enterrés avec lui.

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Shimon Peres a occupé les postes de premier ministre israélien, ministre de la Défense, des Affaires étrangères, et président.

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Le président Barack Obama pose la main sur le cercueil de Shimon Peres.

PHOTO THOMAS COEX, AFP

Le cercueil de M. Peres a été mis en terre à la mi-journée au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, à quelques mètres d'un autre Nobel de la paix, Yitzhak Rabin.

Les funérailles de M. Peres, mort mercredi à 93 ans, ont constitué un vibrant hommage à la stature de l'un des pères fondateurs de l'État d'Israël et des artisans des accords d'Oslo censés tracer la voie de la paix avec les Palestiniens et les Arabes.

La présence du président américain, de ses homologues français ou allemand, du prince Charles, du roi d'Espagne, du premier ministre canadien Justin Trudeau et même du président palestinien Mahmoud Abbas, tous placés sous protection policière maximale, rend compte de l'immense respect que s'était attiré M. Peres en 70 ans de carrière à tous les postes - premier ministre, ministre de la Défense, des Affaires étrangères, président.

Dans son éloge funèbre, M. Obama a salué l'homme qui avait travaillé avec neuf présidents américains avant lui et qui lui rappelait « d'autres géants du XXe siècle » qu'il avait rencontrés, comme Nelson Mandela ou la reine Élisabeth.

Un rêve non réalisé

Mais, en présence du président palestinien et du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, assis au premier rang à distance l'un de l'autre, M. Obama a ouvert son propos par le constat que la paix dont rêvait M. Peres était un « chantier inachevé ».

M. Peres était convaincu que la sécurité à laquelle aspire Israël passait par la paix avec les Arabes et les Palestiniens, et la création d'un État palestinien, a dit M. Obama. « Bien sûr, alors que nous sommes réunis aujourd'hui, nous savons que Shimon n'a jamais vu se réaliser son rêve de paix », a-t-il ajouté.

La perspective de l'indépendance palestinienne paraît plus éloignée que jamais. Contraint par les circonstances, M. Obama n'a pas développé le propos diplomatique et a conclu en hébreu par « Toda raba haver yakar » (« Merci beaucoup, ami cher » en hébreu).

Avant M. Obama, M. Nétanyahou avait salué en M. Peres, son adversaire d'autrefois, un « grand homme ». Mais il avait reconnu que, pour lui, la sécurité passait avant la paix.

« Ses détracteurs lui ont souvent reproché d'être un rêveur naïf et exagérément optimiste », a dit l'ancien président américain Bill Clinton, qui avait présidé en 1993 à la poignée de main historique entre les anciens ennemis israéliens et palestiniens. « Ils avaient tort seulement en ce qui concerne la naïveté. Il savait exactement ce qu'il faisait en étant exagérément optimiste », a ajouté, ému, celui qui, 21 ans plus tôt, avait assisté au même endroit à l'enterrement d'un autre ami, Yitzhak Rabin.

Le « rêve » de M. Peres était présent sur toutes les bouches, qui louaient aussi son optimisme, son invincible foi dans l'avenir, la jeunesse et l'innovation, son charme et son humour.

Dans la gravité ambiante, ses enfants ont ressuscité sa malice. L'un de ses fils, Yoni, sur un ton personnel, a fait rire la foule en racontant ce que son père lui disait: « Pour mon éloge funèbre, commence par dire: "il était trop jeune pour mourir" ».

À son arrivée, le leader palestinien Mahmoud Abbas a... (Image tirée d’une vidéo du bureau du premier ministre israélien/AP) - image 2.0

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À son arrivée, le leader palestinien Mahmoud Abbas a serré la main et brièvement discuté avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Image tirée d’une vidéo du bureau du premier ministre israélien/AP

Poignée de main Abbas-Nétanyahou

M. Peres, mort mercredi des suites d'un accident vasculaire cérébral, était le dernier survivant des trois récipiendaires du Nobel de la paix 1994 récompensant leur implication dans le premier accord d'Oslo signé l'année précédente. L'Israélien Yitzhak Rabin a été assassiné en 1995, le Palestinien Yasser Arafat est mort en 2004.

Malgré Oslo et la conversion à la paix de cet ancien faucon, les Palestiniens ont une image très sombre de M. Peres, considéré comme un instigateur de la colonisation juive et un homme de guerre et de l'occupation.

Il a fallu la disparition de celui avec lequel il avait négocié les accords d'Oslo pour que M. Abbas effectue sa première apparition publique à Jérusalem depuis des années. À son arrivée, M. Abbas a serré la main et brièvement discuté avec M. Nétanyahou. Mais les deux hommes n'ont pas eu d'entretien direct substantiel sur la paix depuis 2010.

En participant à ces obsèques, M. Abbas « trahit le sang palestinien versé », a dénoncé le Hamas dans un communiqué. Dans la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste palestinien, des dizaines de militants ont brûlé des drapeaux israéliens, ainsi que des portraits de MM. Nétanyahou et Peres et du président Obama.

Aux yeux des Israéliens, l'image de M. Peres était intimement associée à celle de la nation, de sa naissance à l'accession au rang de puissance régionale au redoutable ascendant militaire. Il était devenu dans son pays une personnalité largement consensuelle, considérée comme un sage de la nation. Quelque 50 000 anonymes sont allés se recueillir jeudi devant son cercueil.

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