Les rebelles soutenus par la Turquie ont chassé l'EI de Jarablos

«Jarablos est complètement libérée», a affirmé un commandant... (PHOTO REUTERS)

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«Jarablos est complètement libérée», a affirmé un commandant d'un groupe rebelle ayant pris part à l'offensive pour s'emparer de cette localité située dans le nord syrien, à la frontière turque.

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Bulent KILIC, Pascale TROUILLAUD
Agence France-Presse
Istanbul

Des centaines de rebelles syriens, soutenus par les chars et l'aviation turcs, ont pris mercredi la localité syrienne frontalière de Jarablos aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI), à l'issue d'une offensive éclair.

«Jarablos est complètement libérée», a affirmé à l'AFP Ahmad Othmane, commandant d'un groupe rebelle ayant pris part à l'offensive «Bouclier de l'Euphrate» pour s'emparer de cette localité du nord de la Syrie, à la frontière turque.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accueillait ce mercredi le vice-président américain Joe Biden, a à son tour assuré en soirée que Jarablos «avait été reprise» à l'EI. Un porte-parole d'un autre groupe rebelle a affirmé que les djihadistes s'étaient retirés en direction de la ville d'Al-Bab, au sud-ouest de Jarablos.

Selon l'agence progouvernemntale Anadolu, seul un rebelle syrien a été tué et dix autres blessés. L'agence Dogan a fait état de la mort de 46 djihadistes, ce qui n'a pas été confirmé.

La rapidité de la reconquête de Jarablos a stupéfié les experts alors que la capture par les Kurdes de localités tenues par l'IS dans le nord de la Syrie, comme Kobané ou Manbej, avait nécessité de longs combats.

L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste, a lancé à l'aube ce qui est sa plus importante opération militaire en Syrie depuis le début du conflit il y a plus de cinq ans.

Les Etats-Unis apportent leur soutien -- y compris dans les airs -- à l'opération turque de l'autre côté de la frontière syrienne pour y repousser l'EI, ont indiqué des responsables américains sous couvert d'anonymat.

Un responsable du Pentagone a précisé que des avions de la coalition internationale -- en particulier des A-10 et des F-16 américains -- menaient des frappes pour aider les rebelles syriens.

Un peu plus tôt, un responsable américain avait fait savoir que les Etats-Unis apportaient leur aide en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et de participation de conseillers militaires américains

M. Biden, en Turquie pour parler notamment de la résolution de la guerre en Syrie, dans laquelle Ankara a dit vouloir jouer un «rôle plus actif», a mis en garde la milice kurde qui devra retourner à l'est de l'Euphrate, comme le réclame la Turquie.

Éradiquer l'EI

«Nous avons dit très clairement» que ces forces «doivent retraverser le fleuve» et «n'auront, en aucune circonstance, le soutien des Etats-Unis si elles ne respectent pas leurs engagements, un point c'est tout», a-t-il déclaré à Ankara, le premier ministre turc Binali Yildirim à ses côtés.

Ce dernier a réaffirmé que la Turquie «ne tolérera(it) pas une quelconque entité kurde à sa frontière» avec la Syrie.

Le président Erdogan a déclaré que l'offensive avait pour but de «mettre un terme» aux problèmes à la frontière turque et visait non seulement l'EI mais aussi les milices kurdes.

«La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie», a-t-il dit.

Ankara considère l'EI et le PYD (Parti de l'Union démocratique - kurde) comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les djihadistes sur le terrain en Syrie.

Plusieurs heures après le déclenchement de l'opération, une dizaine de chars turcs sont entrés en Syrie et tiraient en direction de positions tenues par l'EI dans Jarablos, a constaté un photographe de l'AFP à Karkamis, petite ville frontalière turque visée la veille par des tirs de mortiers puis évacuée.

Des F-16 turcs, appuyés par des avions de la coalition, ont largué des bombes sur des sites djihadistes à Jarablos.

La localité de 30 000 habitants - dont beaucoup de Turcomans, minorité turcophone de Syrie - est le dernier point de passage contrôlé par l'EI à la frontière.

«Bourbier syrien» 

Après avoir été longtemps accusée de complaisance à l'égard des djihadistes, la Turquie affirme désormais qu'elle a pour objectif d'éradiquer l'EI.

Un nouvel attentat samedi à Gaziantep, près de la frontière, a fait 54 tués lors d'un mariage kurde, et porte la marque du groupe djihadiste.

Mais la Turquie est aussi soucieuse d'empêcher l'avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos. Les FDS sont une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant contre l'EI.

Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière.

Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l'opération sur Twitter: «La Turquie dans le bourbier syrien, sera vaincue comme Daech».

La Russie qui soutien militairement Damas s'est dite «profondément préoccupée» par l'opération, s'inquiétant d'une possible aggravation des tensions entre Ankara et les milices kurdes.

La France «a salué l'intensification des efforts de la Turquie» dans «la lutte contre Daech» par la voix d'un porte-parole des Affaires étrangères.

La Syrie a condamné l'opération turque comme une «violation flagrante» de son territoire.

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