Raid contre un hôpital au Yémen: la coalition arabe ouvre une enquête

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MSF a souligné avoir «plusieurs fois partagé la localisation GPS de l'hôpital avec les belligérants, y compris la coalition» conduite par Riyad.

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
Riyad

La coalition arabe sous commandement saoudien engagée au Yémen a lancé mardi une enquête «indépendante» après la vive indignation suscitée par un raid aérien meurtrier contre un hôpital ayant fait 14 morts selon Médecins sans frontières (MSF).

Dans le même temps, sept civils ont été tués à Najran, dans le sud de l'Arabie saoudite, par une roquette tirée depuis le Yémen voisin par des rebelles Houthis, a annoncé la défense civile saoudienne cité par l'agence de presse officielle SPA.

Il s'agit du plus grand nombre de civils tués dans le royaume depuis que ce pays a pris en mars 2015 la tête d'une coalition militaire arabe qui intervient en soutien au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles yéménites, maîtres de la capitale Sanaa et d'autres régions du pays.

Au Yémen, MSF a indiqué qu'une vingtaine de personnes avaient également été blessées dans le raid mené lundi contre l'hôpital d'Abs, dans la province de Hajja.

Les frappes ont eu lieu dans une zone contrôlée par les Houthis qui sont alliés à des soldats restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Les raids de la coalition arabe se sont intensifiés le 9 août dernier après l'échec de négociations de paix qui se tenaient depuis trois mois au Koweït sous l'égide de l'ONU.

«Une fois encore, un hôpital pleinement opérationnel rempli de patients et de personnels (...) de MSF a été bombardé au cours d'une guerre qui ne montre aucun respect pour les structures médicales et les patients», a déclaré Teresa Sancristoval, responsable de l'ONG pour les opérations d'urgence au Yémen.

MSF a souligné avoir «plusieurs fois partagé la localisation GPS de l'hôpital avec les belligérants, y compris la coalition» conduite par Riyad.

«Acte lamentable» 

Les États-Unis, alliés de Riyad, ont exprimé leur inquiétude après cette attaque qui intervient 48 heures après le bombardement d'une école dans la province de Saada, autre région du nord aux mains des rebelles, qui a tué dix enfants, toujours selon MSF.

«Les frappes contre des structures humanitaires, dont des hôpitaux, sont particulièrement inquiétantes», a souligné la porte-parole du Département d'État Elizabeth Trudeau.

«Toute attaque contre les hôpitaux, le personnel médical ou des civils (...) est une grave violation du droit humanitaire international», a de son côté rappelé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Pour Amnesty International, il s'agit d'une nouvelle «attaque illégale visant des hôpitaux» qui dénote «un mépris pour la vie des civils».

Accusée régulièrement de «bavures» contre des civils, la coalition a mis sur pied une Equipe d'évaluation des incidents. Celle-ci avait reconnu début août des «manquements» au droit humanitaire dans deux bombardements en 2015, dont l'un contre un hôpital géré par MSF. La coalition accusait des Houthis de s'y cacher. 

Riyad accuse les rebelles 

Lundi soir, l'Équipe d'évaluation a dit avoir lancé «une enquête indépendante» sur le raid sur l'hôpital.

Le même jour, la coalition arabe avait déjà annoncé une enquête un bombardement ayant tué 10 enfants dans le nord du Yémen. Accusée d'avoir visé une école, la coalition a nié affirmant que ses avions visaient un centre où les rebelles entraînaient des enfants au combat.

Mardi, la coalition a par ailleurs accusé les rebelles d'avoir profité des pourparlers de paix pour se réarmer.

Des avions de la coalition ont mené de nouvelles frappes mardi au Yémen contre les villes d'Abs et de Saada - fief des Houthis - et dans les environs de Sanaa, selon des sources militaires et des habitants.

La reprise le 9 août des raids sur Sanaa avait provoqué la fermeture de l'aéroport international, mais la coalition a annoncé lundi qu'elle autorisait la reprise des vols humanitaires.

Le directeur de l'aéroport Khalid al-Shayef a indiqué que trois avions avaient atterri mardi.

Cependant, l'autorité de l'aviation civile, contrôlée par les rebelles, a rappelé que les vols de la compagnie Yemenia n'étaient autorisés ni à décoller ni à atterrir et que 7362 personnes étaient affectées par cette interdiction.

Mardi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a actualisé le bilan des victimes du conflit yéménite entre le 19 mars 2015 et le 15 juillet 2016, qui s'établit à 6l71 morts et 32 856 blessés, dont de nombreux civils. Quelque 80% de la population a besoin d'une assistance humanitaire, selon l'ONU.

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