Washington dénonce le «génocide» de chrétiens, chiites et yézidis par l'EI

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«Les acteurs non étatiques comme Daech et Boko Haram (le groupe islamiste au Nigeria, NDLR) continuent de se ranger parmi les plus monstrueux auteurs d'abus contre la liberté religieuse dans le monde», a jugé la diplomatie américaine.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis ont fustigé mercredi le groupe État islamique (EI) pour ses crimes de «génocide» contre les minorités de chrétiens, chiites et yézidis, dans le sombre tableau annuel des libertés religieuses dans le monde dressé par la diplomatie américaine.

Dans ce panorama exhaustif sur l'état de la liberté de culte et de croyance en 2015 dans près de 200 pays, le département d'État s'en prend aussi à ses habituelles bêtes noires en matière de répression religieuse: Arabie saoudite, Iran, Chine, Pakistan, Afghanistan, Soudan.

Et comme les années précédentes, Washington s'alarme de la poussée de l'antisémitisme et de l'islamophobie en Europe, dans le contexte des attentats djihadistes et de la crise des migrants.

Mais ce sont d'abord les «acteurs non étatiques comme Daech (acronyme arabe de l'EI, NDLR) et Boko Haram (le groupe islamiste au Nigeria, NDLR) (qui) continuent de se ranger parmi les plus monstrueux auteurs d'abus contre la liberté religieuse dans le monde», a tonné le département d'État dans son rapport dévoilé par le secrétaire d'État adjoint Antony Blinken.

«En mars dernier, le secrétaire d'État John Kerry a clairement jugé Daech responsable de génocide contre des communautés religieuses dans des régions sous son contrôle», a affirmé devant la presse M. Blinken. «Daech tue des yézidis parce qu'ils sont yézidis, des chrétiens parce qu'ils sont chrétiens, des musulmans chiites parce qu'ils sont chiites», s'est insurgé le numéro 2 de la diplomatie américaine.

Il a également accusé le groupe ultra-radical sunnite d'être «responsable de crimes contre l'humanité et de nettoyage ethnique».

Le concept de «génocide», qui a des implications juridiques dans la législation américaine, avait déjà été employé par M. Kerry et par l'ONU ces derniers mois pour qualifier les crimes perpétrés par les djihadistes en Irak et en Syrie.

Dans ces deux pays en guerre, où l'organisation islamiste armée contrôle toujours des pans de territoires, le groupe EI est «responsable d'actes barbares, comme des tueries, actes de torture, traite d'êtres humains, viols et autres crimes sexuels contre des minorités religieuses et ethniques», énumère le rapport du département d'État.

Diatribes de Trump

Ce tour d'horizon mondial des libertés religieuses n'épargne quasiment aucun pays, à l'exception notable des États-Unis où le candidat républicain Donald Trump multiplie les diatribes contre les musulmans.

Devant la presse, l'ambassadeur américain pour les Libertés religieuses, David Saperstein, n'a pas voulu s'étendre sur le cas de M. Trump. Mais il a assuré que quelles que soient «les déclarations qui sont faites, la politique, la législation et la structure constitutionnelle des États-Unis garantissant la liberté religieuse restent intactes».

Ce sont plutôt les traditionnels pays cibles du département d'État qui en prennent pour leur grade. Même si aucune sanction ne découlera de ce rapport truffé d'informations compilées pendant des mois par la diplomatie américaine.

L'Arabie saoudite, pourtant alliée des États-Unis, mais régie par le wahhabisme, une stricte version de l'islam, est fustigée pour condamner à mort, à la prison ou au fouet, des individus jugés pour «apostasie» et «blasphème», comme le blogueur Raef Badaoui.

Le rival chiite de Riyad, l'Iran, qui n'a pas de relations diplomatiques avec Washington, est épinglé pour réprimer les minorités sunnite et chrétienne.

Au Pakistan et en Afghanistan, les États-Unis s'alarment de la montée des affaires de «blasphème» et d'«insultes» au Coran et au prophète Mahomet qui se terminent parfois par la mise à mort de victimes.

En Chine, bête noire des États-Unis pour les droits de l'homme et la liberté religieuse, le département d'État continue de dénoncer les arrestations d'avocats, d'activistes chrétiens et les destructions d'églises catholiques et de temples protestants.

Enfin, l'Europe n'est pas oubliée.

Même si les États-Unis mettent moins l'accent qu'en 2014 sur l'antisémitisme et l'islamophobie sur le Vieux continent, ils n'apprécient guère les «valeurs chrétiennes de l'Europe» défendues par la Hongrie. Ni le fait que Bratislava a qualifié les réfugiés musulmans de «menaces potentielles sur la sécurité slovaque».

Washington se félicite toutefois que la «Commission européenne ait nommé fin 2015 deux nouveaux coordonnateurs pour combattre l'antisémitisme et la haine des musulmans».

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