Syrie: près de 60 civils tués dans des raids de la coalition

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Déjà lundi, au moins 21 civils ont péri dans des raids aériens de la coalition sur Minbej et al-Toukhar

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Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
Beyrouth

Près de 60 civils dont des enfants ont péri mardi dans des raids de la coalition menée par les États-Unis près d'un village tenu par le groupe djihadiste État islamique (EI) dans la province d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans la capitale éponyme de cette même province du nord de la Syrie, un puissant groupe rebelle islamiste a annoncé le début de «la bataille» visant à briser le siège total que les forces du régime imposent depuis peu sur les quartiers rebelles.

Désormais assiégé, l'est d'Alep, contrôlé par les insurgés, a été encore visé mardi par de violents bombardements aériens, selon un correspondant de l'AFP.

À quelque 100 km d'Alep, des avions de la coalition ont mené à l'aube des frappes alors que les habitants fuyaient les combats dans le village d'al-Toukhar, près du fief djihadiste de Minbej, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

«Il y a eu au moins 56 morts civils, dont 11 enfants, et des dizaines de blessés, dont certains grièvement atteints», a précisé M. Abdel Rahmane qui s'appuie sur un vaste réseau de sources médicales et de militants à travers la Syrie.

«C'est vraisemblablement une erreur», a-t-il estimé.

Interrogée par l'AFP, la coalition a répondu par courriel avoir «récemment» procédé à des frappes près de Minbej et être consciente des informations sur la mort de civils.

«Nous allons examiner toutes les informations dont nous disposons sur l'incident», a indiqué la coalition. «Nous prenons toutes les dispositions pendant nos missions pour éviter ou minimiser les pertes civiles (...) et nous conformer aux principes du droit de la guerre».

«Violations»

Amnesty International a exhorté la coalition à «redoubler d'efforts pour empêcher la mort de civils et à enquêter sur de possibles violations du droit humanitaire international», expliquant qu'il s'agit «peut-être du bombardement le plus coûteux en vie de civils» par la coalition depuis le début en 2014 de ses opérations antidjihadistes en Syrie.

Selon l'OSDH, déjà lundi au moins 21 civils ont péri dans des raids de la coalition sur al-Toukhar et la localité stratégique de Minbej, visée depuis le 31 mai par une offensive terrestre des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes de Syrie soutenue par les États-Unis.

Les FDS sont depuis parvenus à entrer dans Minbej, qui servait aux djihadistes de principal carrefour d'approvisionnement depuis la frontière turque vers les zones sous leur contrôle dans le nord syrien.

Appuyées par les frappes de la coalition, les FDS tentent d'avancer en direction du centre de Minbej, mais l'EI résiste en menant plusieurs contre-attaques, a affirmé mardi le commandement militaire américain.

Il a cependant indiqué que les FDS avaient repris un QG de l'EI installé dans un hôpital de Minbej et servant comme centre de logistique.

21 civils tués près d'Alep

La guerre en Syrie, qui a éclaté en 2011 après la répression par le régime d'une révolte pacifique, met aux prises de nombreux acteurs locaux et internationaux combattant sur un territoire très morcelé, dont une partie est occupée par l'EI.

Elle a fait plus de 280 000 morts et forcé des millions de personnes à la fuite, engendrant une crise humanitaire majeure en Syrie, dans les pays voisins et en Europe.

Dans la ville d'Alep, l'un des principaux enjeux de la guerre entre rebelles et régime syrien, les salafistes d'Ahrar al-Cham ont annoncé sur Twitter le début de «la bataille» pour briser le siège imposé par les forces prorégime sur les quartiers est, contrôlés par les insurgés.

Ils ont indiqué avoir «libéré plusieurs positions militaires dans le secteur de Mallah, au nord de la ville». Cette zone est stratégique, car elle longe la route du Castello, dernier axe de ravitaillement des quartiers rebelles d'Alep, que les troupes du régime ont coupé le 7 juillet.

Ce siège fait craindre des risques de pénurie générale pour les plus de 200 000 habitants d'Alep-Est.

Toujours dans la province septentrionale d'Alep, au moins 21 civils ont été tués mardi dans des raids aériens vraisemblablement menés par des avions russes sur la ville rebelle d'Atareb, située à 35 km à l'ouest de la capitale provinciale, d'après l'OSDH, qui ajoute que ce bilan pourrait s'alourdir.

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