Près de 1,2 million d'Afghans déplacés par la guerre

Des enfants déplacés sont vus dans un camp... (PHOTO  SHAH MARAI, AFP)

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Des enfants déplacés sont vus dans un camp de réfugiés de Kaboul, le 31 mai.

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Agence France-Presse
KABOUL

Le nombre d'Afghans ayant fui leur foyer en raison des violences pour trouver refuge dans d'autres régions de leur pays a plus que doublé entre 2012 et 2015 pour s'établir à 1,17 million de déplacés, pointe Amnistie internationale dans un rapport publié mardi.

Ce chiffre «stupéfiant», selon l'ONG, est le résultat de la prolifération des violences qui grippent l'ensemble de l'Afghanistan.

Car depuis la fin de la mission de combat de l'OTAN, les rebelles talibans ne se contentent plus d'affronter les forces de sécurité dans leurs fiefs traditionnels du sud et de l'est. Les combats se déroulent aussi bien dans le centre que dans le nord du pays, plutôt stable dans le passé.

Ainsi, la brève prise de Kunduz, verrou stratégique du Nord afghan, l'automne dernier par les talibans, a forcé «13 000 familles à quitter la ville», explique l'ONG.

Les déplacés afghans étaient 351 900 en 2010, 486 300 en 2012 et 1,17 million l'an dernier, souligne Amnistie internationale dans son rapport. Et «au cours des quatre premiers mois de 2016, 118 000 personnes ont quitté leur maison», s'inquiète l'ONG.

Or l'insalubrité qui prévaut dans les camps de réfugiés fait dire à Amnistie que leur vie s'apparente plus «à de la survie».

«Les gens sont contraints chaque jour de parcourir de longues distances pour trouver de l'eau et il leur est très difficile de se procurer un repas quotidien», souligne l'ONG.

Et Amnistie de rappeler le gouvernement afghan et la communauté internationale à leurs responsabilités. Kaboul manque «de moyens et de compétences» pour mettre en oeuvre une politique durable et efficace, et le ministère des Réfugiés et du Rapatriement «fait l'objet d'accusations de corruption depuis des années».

Quant à la communauté internationale, «elle n'est pas intervenue autant qu'elle aurait pu le faire quand le gouvernement afghan n'était pas en mesure de remplir sa tâche», assène encore l'ONG.

«L'Afghanistan et le reste du monde doivent maintenant prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la crise des déplacés», déclare Champa Patel, directrice pour l'Asie du Sud au sein d'Amnistie, citée dans un communiqué.

Les violences poussent également nombre d'Afghans à quitter leur pays, et ils représentent déjà l'une des plus importantes populations de réfugiés au monde, avec, selon les estimations, 2,6 millions d'Afghans vivant en dehors des frontières d'un pays où habitent environ 30 millions de personnes.

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