Les forces irakiennes se préparent à donner l'assaut à Fallouja

Les forces d'élite irakiennes du service de contre-terrorisme... (PHOTO KHALID MOHAMMED, AP)

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Les forces d'élite irakiennes du service de contre-terrorisme en poste à Fallouja.

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Ammar Karim, Layal ABOU RAHAL
Agence France-Presse
Bagdad et Beyrouth

Les forces d'élite irakiennes s'apprêtaient dimanche à entrer dans Fallouja pour en chasser le groupe djihadiste État islamique (EI), cible d'une autre offensive majeure en Syrie voisine, avec des craintes pour le sort de civils bloqués par les combats dans les deux pays.

Par ailleurs, le négociateur en chef de l'opposition syrienne, Mohammed Allouche, a annoncé sa démission, invoquant l'échec des négociations et la poursuite des bombardements des forces du président Bachar al-Assad sur les zones rebelles.

M. Allouche, chef du groupe armé d'inspiration salafiste Jaich al-Islam (L'armée de l'islam), a annoncé dans un communiqué qu'il remettait sa démission au Haut comité des négociations (HCN), qui groupe les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes.

En Irak, outre l'offensive sur Fallouja, l'EI fait face dans le nord à un assaut des forces kurdes irakiennes soutenues par l'aviation de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui lui ont repris des secteurs à l'est de la ville septentrionale de Mossoul, principal bastion djihadiste en Irak.

Dans la province occidentale d'Al-Anbar, les forces irakiennes resserraient l'étau autour de Fallouja située à 50 kilomètres à l'ouest de Bagdad et contrôlée par l'EI, au septième jour de leur offensive, selon des commandants.

Les forces du service de contre-terrorisme (CTS), la police de la province d'Al-Anbar et les combattants de tribus locales sont déployés aux abords de la ville et «attendent l'heure H pour donner l'assaut», a indiqué un officier du commandement des opérations conjointes.

Les forces d'élite ont dirigé les assauts sur plusieurs villes d'Irak reprises aux djihadistes ces deux dernières années.

Leur implication marque une nouvelle phase dans l'offensive contre Fallouja, première ville à tomber aux mains de l'EI en janvier 2014 avant même la fulgurante offensive djihadiste lancée cinq mois plus tard. Celle-ci avait permis au groupe extrémiste de s'emparer de vastes régions d'Irak, dont Mossoul, la deuxième ville du pays, toujours sous son contrôle.

«Effrayés et affamés»

La reprise de Fallouja est, avec celle de Mossoul et de Raqa en Syrie, le grand objectif de la coalition internationale antidjihadistes.

À Mossoul, avant un éventuel assaut sur la ville même, les forces kurdes irakiennes ont lancé dimanche avant l'aube une offensive à une trentaine de kilomètres à l'est de la cité, afin «d'augmenter la pression sur l'EI», selon un communiqué militaire kurde.

Dix heures après le début de l'opération, à laquelle prennent part 5500 combattants, trois villages avaient été repris par les forces kurdes.

Alors que l'ONU et les ONG s'inquiètent pour le sort des civils pris au piège de combats, quelque 50 000 habitants étaient bloqués à Fallouja, manquant de nourriture, d'eau potable et de médicaments.

Depuis le 21 mai, environ 3000 personnes ont pu sortir des banlieues de la ville «épuisées, effrayées et affamées», mais des milliers d'autres restent bloquées «sans aide ni protection», selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), qui craint de nouvelles vagues de déplacés avec l'intensification des combats.

Même en étant sur la défensive, l'EI a revendiqué un attentat suicide à Mouqdadiya, au nord-est de Bagdad. Un kamikaze s'est fait exploser parmi de jeunes Irakiens rassemblés dans un café, tuant au moins sept personnes, a indiqué la police.

L'EI a par ailleurs lancé un assaut pour prendre la ville de Hit, à 80 kilomètres au nord-ouest de Fallouja, selon des sources de sécurité.

Même scénario de l'autre côté de la frontière, en Syrie, où l'EI, cible d'une offensive majeure des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans la province de Raqa (nord), a lancé un assaut contre les rebelles dans celle voisine d'Alep (nord).

Selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 6000 Syriens ont fui en 24 heures des villages tombés aux mains de l'EI et situés entre la ville de Marea, quasiment assiégée, et celle d'Azaz, à 20 kilomètres plus au nord. 

Hôpitaux évacués 

Alors que l'EI cherche à prendre ces deux villes, l'unique hôpital de Marea a été déserté par la majorité du personnel médical. Patients et médecins ont été évacués d'un hôpital d'Azaz proche des combats, selon des employés.

Autour de la région d'Azaz, frontalière de la Turquie, quelque 165 000 déplacés sont menacés par l'offensive djihadiste qui a coûté la vie depuis vendredi à 29 civils, 47 djihadistes et 61 rebelles, a indiqué l'OSDH.

Les civils sont également en danger plus à l'est, dans la province de Raqa, où l'EI est la cible depuis six jours d'une offensive des FDS appuyées par la coalition internationale.

À Alep, dans le nord, des frappes du régime ont fait six morts et des tirs rebelles ont fait neuf morts, selon l'OSDH.

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