Rare sit-in de militants LBGT à Beyrouth

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Ce sit-in inédit fait suite à l'arrestation dans un cinéma gai de Beyrouth de 36 hommes qui avaient été forcés à subir des «tests de la honte».

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Agence France-Presse
Beyrouth

Une cinquantaine de militants en faveur du mouvement gai, lesbien et transgenre (LBGT) ont mené dimanche un sit-in à Beyrouth pour réclamer l'abolition d'un article de loi pénalisant les relations dites «contre nature», une première depuis quatre ans.

«L'homosexualité n'est pas une maladie», «le sexe n'est pas illégal, votre loi est archaïque», pouvait-on lire sur une pancarte brandie dans la manifestation organisée par l'association Helem, basée au Liban et considérée comme la plus importante association arabe de défense des droits des lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres.

Le rassemblement, qui réclamait également la libération de quatre femmes transsexuelles, s'est tenu en face de la gendarmerie de Hbeich à Beyrouth, où la police des moeurs effectue souvent des incarcérations du genre, selon les militants.

«Supprimez le 534», pouvait-on lire encore, en référence à l'article de loi du code pénal libanais, selon lequel les relations sexuelles «contre nature» sont illégales, avec une peine allant jusqu'à un an de prison.

Le sit-in, organisé deux jours avant la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, «réclame l'abolition de cet article de loi qui date du mandat français au Liban (1920-1943) «, a affirmé à l'AFP Genwa Samhat, directrice exécutive de Helem.

«La majorité des personnes arrêtées en vertu de cette loi ne sont même pas arrêtées dans l'acte, mais souvent dans la rue, sur base de leur apparence physique», s'est-elle indignée.

Si le Liban est considéré plus «tolérant» en comparaison à d'autres pays arabes où l'homosexualité, la police mène régulièrement des descentes dans les boîtes de nuit et autres lieux fréquentés par les homosexuels. En outre, les homosexuels font souvent l'objet de quolibets, en société comme dans des émissions télévisées.

«Tests de la honte»

Le dernier rassemblement de ce genre dans la capitale libanaise remonte à 2012, lorsque des dizaines de personnes avaient manifesté pour protester contre le recours à un «test» anal pour les hommes soupçonnés d'être homosexuels.

Ce sit-in inédit faisait suite à l'arrestation dans un cinéma gai de Beyrouth de 36 hommes qui avaient été forcés à subir de tels tests, qualifiés de «tests de la honte» par les militants, sous prétexte d'établir leur orientation sexuelle.

«Ces tests se poursuivent, même si le ministère de la Justice a demandé à la police de cesser ces pratiques», a indiqué Mme Samhat. «C'est une humiliation à l'individu».

En 2013, la police avait fait irruption dans un bar fréquenté par des travestis à Dekwéné, dans la banlieue est de la capitale, avant de tabasser et d'arrêter plusieurs personnes présentes, selon des témoins.

«La police fait aussi subir des tests de dépistage du sida aux personnes arrêtées alors que cela doit être un acte volontaire. Il y a encore cette idée préconcue que tous les homosexuels sont atteints du sida», souligne Mme Samhat.

«De plus, des gens continuent à être licenciés de leur travail quand leur boss découvre qu'ils sont gais. Ils sont forcés à dire qu'ils ont eux-mêmes démissionné par peur d'être dénoncés», dit-elle.

Par ailleurs, un évènement organisé par Proud Lebanon, une ONG pro-LGBT créée il y a quatre ans et qui devait rassembler dimanche journalistes et artistes pour appeler à plus de tolérance, a été annulé sous la pression des autorités religieuses chrétiennes, a appris l'AFP auprès des organisateurs.

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