Les Chrétiens d'Irak ont «perdu tout espoir»

Plus de 2 millions en 1977, les chrétiens... (PHOTO SAFIN HAMED, ARCHIVES AFP)

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Plus de 2 millions en 1977, les chrétiens irakiens seraient aujourd'hui entre 350 000 et 450 000, dont 100 000 déplacés récents.

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Agence France-Presse
PARIS

Il y a «urgence» à protéger la minorité chrétienne en Irak, qui a «perdu tout espoir», a averti mercredi à Paris une association de défense des chrétiens d'Orient.

À l'initiative du collectif «Chrétiens d'Orient en danger» (CHREDO), une délégation d'une trentaine de personnes, dont sept parlementaires français membres de la majorité socialiste ou de l'opposition, s'est rendue du 16 au 21 avril au Liban, en Syrie et au Kurdistan irakien.

«Il y a urgence en particulier sur l'Irak, où nous allons malheureusement vers la fin d'une présence chrétienne millénaire», a lancé le président de la CHREDO, Patrick Karam, lors d'une conférence de presse.

Plus de 2 millions en 1977, les chrétiens irakiens seraient aujourd'hui entre 350 000 et 450 000, dont 100 000 déplacés récents, a-t-il précisé. «La plus grande partie d'entre eux veulent partir, en Europe, au Canada, aux États-Unis», a déploré le président de la CHREDO, rappelant que les chrétiens n'étaient pas les seuls à être victimes d'exactions, citant notamment la minorité Yézidi.

«Selon tous les responsables rencontrés, les chrétiens d'Irak ne reconnaissent plus leur pays, ils n'ont plus confiance. Beaucoup disent avoir été dénoncés par leurs voisins sunnites (...) et ne s'imaginent pas revenir revivre à côté de ceux qui les ont trahis».

En Syrie, la délégation du CHREDO affirme avoir été «frappée» du soutien affiché par leurs interlocuteurs religieux chrétiens au régime, qui serait le «seul à pouvoir les protéger», même «si certains reconnaissent son caractère dictatorial». «Tous disent que la popularité de Bachar a considérablement augmenté», assure M. Karam.

La délégation, parmi laquelle le député socialiste Gérard Bapt (président du groupe parlementaire d'amitié France-Syrie et soutien affiché de Bachar al-Assad), est restée une journée en zone gouvernementale, avec un déplacement dans le village chrétien de Maaloula (contrôlé de fin 2013 à mars 2014 par des groupes rebelles islamistes). Le tout s'est déroulé sous la protection des forces de sécurité syriennes, a concédé M. Karam.

Malgré les mises en garde du ministère français des Affaires étrangères et sa demande d'abandonner l'étape syrienne, la délégation s'est rendue à Damas, mais «n'y a rencontré aucun responsable politique ou militaire pour éviter toute récupération du régime» de Bachar al-Assad, a souligné M. Karam.

En Syrie, «ce n'est pas seulement DAESH (État islamique) qui réprime les chrétiens, mais tous les groupes islamistes armés», selon le président du CHREDO, précisant que les groupes avec des combattants étrangers dans leurs rangs étaient «toujours les plus impitoyables avec les chrétiens».

«L'Occident joue avec le feu en encourageant, par certaines déclarations irresponsables, l'exode» des réfugiés, chrétiens ou autres, vers l'Europe, s'est par ailleurs alarmé M. Karam, y voyant une «politique suicidaire qui contribue à dépeupler ces régions de leurs élites, à les appauvrir et à en faire de véritables poudrières».

Il a par ailleurs souligné les «risques réels d'infiltration de djihadistes parmi les réfugiés», appelant à une reprise de «la nécessaire coopération entre les services de renseignements français et du régime syrien».

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