Syrie: la trêve menacée par des affrontements près d'Alep

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Des blindés appartenant aux forces gouvernementales patrouillent au sud d'Alep, lundi.

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Agence France-Presse
BEYROUTH

Les combats qui vont crescendo sur plusieurs fronts près d'Alep menaçaient jeudi le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis fin février en Syrie ainsi que la reprise à Genève des négociations de paix intersyriennes.

Initiateurs avec Moscou de cette trêve entre régime et rebelles syriens qui a permis une diminution des violences, les États-Unis se sont dits jeudi «très préoccupés» par une «offensive» près de la grande ville du nord de la Syrie des forces progouvernementales soutenues par l'aviation russe.

À Genève, l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie a lui fait part de sa frustration au sujet des difficultés d'accès humanitaire en Syrie, ravagée par cinq années d'un conflit qui a fait plus de 270 000 morts et jeté sur les routes plus de la moitié de la population.

La province septentrionale d'Alep est le théâtre de combats de plus en plus violents entre la pluralité d'acteurs disséminés sur ce territoire frontalier de la Turquie, stratégique pour tous les belligérants et spécialement pour les groupes rebelles et jihadistes qui se ravitaillent en Turquie.

Près de la capitale provinciale Alep, les forces prorégime affrontent sur plusieurs fronts des jihadistes du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, alliés à des rebelles.

Elles mènent notamment une offensive au nord de la ville avec l'appui aérien russe, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

D'après son directeur Rami Abdel Rahmane, les affrontements les plus intenses se concentrent autour du secteur de Handarat le long d'une route que le régime cherche à couper afin «d'assiéger complètement les quartiers est» d'Alep, tenus par les rebelles alors que l'ouest de la ville est sous contrôle gouvernemental.

Selon un correspondant de l'AFP dans la partie rebelle d'Alep, des raids aériens pouvaient être entendus depuis la ville, mais aucun n'a frappé la cité.

Ali Saber, 32 ans, un habitant d'un quartier rebelle, a indiqué à l'AFP que la population était «de nouveau envahie par la peur d'un siège».

«Vives inquiétudes»

À Washington, un haut responsable américain a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que son pays était «très préoccupé par les informations concernant une offensive du régime syrien près d'Alep et selon lesquelles des frappes russes soutiennent cette offensive»

«Des telles actions pourraient violer la cessation des hostilités qui tient depuis près de sept semaines», a ajouté ce responsable, qui a assuré que les États-Unis avaient exprimé leurs «vives inquiétudes» à la Russie.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les forces prorégime ne cherchaient pas à gagner du terrain à Alep, mais plutôt que «l'opposition (armée) tentait de reprendre le terrain perdu» par elle dans cette province avant que la trêve soit décrétée.

Alors que Washington s'inquiète du fait que le régime ne combatte pas seulement Al-Nosra, groupe jihadiste exclu de la trêve, mais également des factions rebelles plus modérées engagées dans le cessez-le-feu, Vladimir Poutine a affirmé que distinguer les uns des autres était «très difficile».

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a elle aussi fait part de sa préoccupation et appelé au «respect, à la consolidation et l'expansion» de la trêve.

«Déçu, frustré»

La bande frontalière dans le nord de la province d'Alep est par ailleurs le lieu d'affrontements entre des rebelles et des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), eux aussi exclus de la trêve.

L'EI s'est ainsi emparé de «six villages» près de la Turquie, dont le plus important, Hiwar Kallis, est situé à seulement un kilomètre de la frontière, selon l'OSDH.

D'après cette organisation, qui dispose d'un large réseau d'informateurs à travers la Syrie, des raids aériens vraisemblablement menés par la coalition internationale conduite par les États-Unis ont visé des positions de l'EI dans le secteur.

Interrogé par l'AFP, un responsable humanitaire de l'ONU se disait jeudi «extrêmement inquiet» de la situation globale dans la province d'Alep, où «il y a eu une augmentation significative des cas de violences, qui continuent d'aggraver la situation humanitaire».

À Genève, où des représentants du régime et de l'opposition doivent reprendre leurs discussions indirectes sous l'égide de l'ONU, l'émissaire onusien pour la Syrie a indiqué que Damas mettait des restrictions à la livraison d'aide dans des localités assiégées, malgré des résolutions du Conseil de sécurité sur l'accès à ces zones. Trois localités assiégées par le régime, n'avaient toujours pas pu être atteintes par des convois humanitaires.

Les discussions ont repris mercredi à Genève avec l'objectif de rapprocher les positions - diamétralement opposées - du régime et de l'opposition sur un scénario de transition politique en Syrie.

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