Le Parlement européen réclame un embargo sur les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite

Des civils yéménites examinent les ruines de bâtiments... (PHOTO MOHAMMED HUWAIS, AFP)

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Des civils yéménites examinent les ruines de bâtiments détruits lors d'une frappe de l'aviation saoudienne, à Sanaa, le 25 février.

PHOTO MOHAMMED HUWAIS, AFP

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Agence France-Presse
BRUXELLES

Le Parlement européen a réclamé jeudi un embargo sur les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite, critiquant ses frappes aériennes au Yémen et le blocus maritime imposé à ce pays, qui ont fait «des milliers de morts».

Dans une résolution adoptée à une large majorité lors d'une séance plénière à Bruxelles, les eurodéputés demandent à la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, de «lancer une initiative visant à imposer un embargo sur les armes de l'UE contre l'Arabie saoudite».

Ils condamnent «les frappes aériennes de la coalition menée par l'Arabie et le blocus naval qu'elle a imposé au Yémen, qui ont conduit à des milliers de morts, et ont encore déstabilisé davantage» le pays.

Dans un communiqué, l'organisation humanitaire Action contre la faim s'est aussitôt réjoui que l'UE «reprenne enfin la parole sur cette crise, l'une des plus graves actuellement dans le monde».

Certes, le texte n'est pas contraignant, mais, pour Mike Penrose, directeur général d'Action contre la Faim France, «cette résolution est un signal à tous les États membres, les invitant à sortir du silence et à ne plus participer au désastre humanitaire en cours au Yémen».

Riyad conduit depuis mars 2015 une coalition arabo-sunnite au Yémen contre les rebelles chiites Houthis, accusés d'être soutenus par l'Iran.

Ces derniers, depuis leur fief de Saada (nord), ont pris le contrôle de nombreuses régions, dont la capitale Sanaa. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale siège à Aden (sud), même si ses principaux dirigeants séjournent souvent à Riyad pour des raisons de sécurité.

Le conflit au Yémen a fait plus de 6100 morts, pour près de la moitié des civils, et environ 30 000 blessés, selon l'ONU.

Les États unis sont le premier fournisseur d'armes de l'Arabie saoudite, avec des ventes atteignant 90 milliards de dollars entre 2010 et 2014 selon le Congrès, mais les principaux pays de l'Union européenne ont également livré récemment des bombes, équipements ou signé des contrats d'armements pour des milliards d'euros.

Selon l'ONG Avaaz, dont une pétition en ligne a recueilli 750 000 signatures, le Royaume-Uni a ainsi autorisé en 2015 la vente d'avions de combat et de bombes téléguidées Paveway.

La France a signé en octobre 2015 des contrats avec l'Arabie saoudite dans les secteurs maritime et militaire dont la valeur est estimée à plus de 10 milliards d'euros (plus de 15 milliards de dollars), précise Avaaz.

L'ONU s'était inquiétée début janvier de l'usage de bombes à sous-munitions au Yémen par la coalition arabe emmenée par Riyad, affirmant avoir reçu des «informations inquiétantes» sur leur usage durant des attaques contre des zones résidentielles et des bâtiments civils à Sanaa le 6 janvier.

Son secrétaire général Ban Ki-moon avait mis en garde Riyad, rappelant que cela «pourrait constituer un crime de guerre».

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