L'Iran entre en campagne pour deux élections majeures

Peu d'affiches électorales, dont la dimension est limitée... (PHOTO RAHEB HOMAVANDI, REUTERS)

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Peu d'affiches électorales, dont la dimension est limitée à 20 cm sur 15, étaient visibles jeudi matin à Téhéran.

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Arthur MACMILLAN
Agence France-Presse
TÉHÉRAN

L'Iran est entré jeudi en campagne pour deux élections prévues le 26 février, dont les législatives, qui serviront de test majeur pour le président Hassan Rohani et la poursuite de sa politique d'ouverture et de réformes.

La courte campagne d'une semaine s'annonce disputée entre les 6229 candidats, dont 586 femmes, postulant aux 290 sièges du Parlement.

Elle a débuté dans une certaine discrétion, car peu d'affiches, dont la dimension est limitée à 20 cm sur 15, étaient visibles jeudi matin à Téhéran, selon un journaliste de l'AFP. Les candidats ne sont pas autorisés à prononcer des discours dans la rue.

Par ailleurs, 166 candidats, tous des hommes, concourent pour les 88 sièges de l'Assemblée des experts, une institution composée de religieux chargée de nommer le guide suprême, le poste le plus élevé des institutions iraniennes.

Élus pour huit ans, ses membres auront ainsi un rôle de premier plan lorsqu'ils devront nommer un successeur au numéro un iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, âgé de 76 ans.

Ces élections interviennent dans un contexte de bouleversement pour la République islamique. Elles sont en effet les premières depuis l'accord historique conclu en juillet 2015 avec les grandes puissances sur le nucléaire iranien.

L'accord a scellé la fin de l'isolement de l'Iran sur la scène internationale, avec la levée en janvier de la plupart des sanctions financières imposées par les pays occidentaux qui étranglaient son économie.

Cet accord a dopé la popularité du président Rohani, élu pour quatre ans en 2013 et qui pourrait se représenter en 2017.

Sélection contestée

Le long processus de sélection et d'approbation des candidats pour ces deux scrutins a suscité controverses et tensions entre conservateurs et modérés.

Sur les quelque 12 000 candidats qui s'étaient initialement inscrits aux législatives, 51 % ont reçu l'autorisation de se présenter par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui a la haute main sur les élections.

M. Rohani et les responsables des partis réformateurs et modérés ont protesté contre le rejet massif de leurs candidats, en particulier les personnalités de premier plan.

Le Conseil en a finalement repêché environ 1500, mais la majorité des candidats en lice restent affiliés aux conservateurs.

Les réformateurs avaient largement boycotté les dernières législatives, en 2012, pour protester contre la réélection en 2009, qu'ils jugeaient frauduleuse, du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Ils ont été de ce fait marginalisés au Parlement.

À Téhéran, la liste des conservateurs de la «grande coalition des principalistes» comprend six femmes sur les 30 candidats et est menée par Gholam-Ali Hadad Adel, un ancien président du Parlement dont la fille est mariée à l'un des fils de l'ayatollah Ali Khamenei.

Cette liste inclut plusieurs députés sortants très critiques à l'égard du gouvernement du président Rohani.

Elle est opposée à la liste de la «Coalition élargie des réformateurs», qui comprend une vingtaine de formations réformatrices et modérées. Elle est dirigée par Mohammad Reza Aref, un réformateur qui avait retiré sa candidature à la présidentielle de 2013 pour faciliter la victoire de Hassan Rohani.

Pour l'élection à l'Assemblée des experts, le principal absent est Hassan Khomeiny, proche des réformateurs et petit-fils de l'ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique d'Iran.

Le Conseil des gardiens de la Constitution a rejeté sa candidature parce que ses «compétences» religieuses n'avaient pu être «vérifiées». Hassan Khomeiny a fait appel en vain de cette exclusion.

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