Arabie saoudite: peine de mort commuée pour un poète palestinien

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Agence France-Presse
RIYAD

Un tribunal saoudien a commué en huit ans de prison et 800 coups de fouet la condamnation à mort pour apostasie d'un poète palestinien, a annoncé mardi son avocat.

La peine capitale contre Ashraf Fayad avait été prononcée en novembre malgré les vives critiques internationales contre le nombre élevé de condamnations à mort en Arabie saoudite, une monarchie ultraconservatrice qui applique une interprétation rigoriste de la loi islamique.

Dans son verdict, le tribunal d'Abha, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, a «annulé le précédent jugement prévoyant l'exécution pour apostasie» de M. Fayad, a indiqué sur Twitter Me Abdel Rahman al-Lahim.

Il a condamné le poète à 8 ans de prison et à 800 coups de fouet - au rythme de 50 coups par séance -, a ajouté l'avocat qui avait fait appel de la peine capitale. M. Fayad doit aussi se repentir dans un média officiel, selon le verdict.

Les avocats de la défense ont contesté le nouveau jugement et demandé la libération de leur client, a dit Me al-Lahim.

La condamnation à mort pour apostasie a été prononcée en novembre 2015 par un tribunal de première instance, apparemment après un précédent recours en appel contre un premier verdict.

En 2014, Ashraf Fayad avait été condamné à quatre ans de prison et 800 coups de fouet à la suite d'une plainte provenant d'un groupe de discussion culturel dans un café d'Abha, selon Human Rights Watch (HRW).

Un homme affirme l'avoir entendu tenir des propos contre Dieu, tandis qu'un religieux l'accuse de «blasphème» dans un recueil de poèmes que le Palestinien a écrit il y a 10 ans. «Ce que dit M. Fayad, c'est qu'il s'est disputé avec les autres membres du groupe», avait dit HRW.

Lors du premier procès, M. Fayad avait démenti que son ouvrage soit «blasphématoire», mais s'était quand même excusé. La cour ne l'avait pas alors condamné à mort.

L'apostasie, comme le meurtre, le viol ou le trafic de drogue est passible de la peine capitale en Arabie saoudite.

Les autorités saoudiennes invoquent la dissuasion comme argument clé pour tenter de justifier la peine de mort.

Au total, 58 personnes ont été exécutées depuis le début 2016 dans le royaume, dont 47 en un seul jour le 2 janvier. En 2015, 153 personnes ont été exécutées, selon un décompte de l'AFP.

Le royaume saoudien figure parmi les pays qui exécutent le plus grand nombre de personnes avec la Chine, l'Iran et les États-Unis.

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